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Pour anticiper les ruptures de stocks de médicaments, les industriels déploient la plateforme TracStocks

Crédit: Fotolia/Jajam_e
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PARIS, 9 février 2021 (TecHopital) - Le Leem (Les entreprises du médicament) a présenté le 27 janvier une plateforme baptisée TracStocks, destinée à "faciliter et sécuriser la déclaration des données de stocks en tension" afin de "mieux anticiper" les ruptures de certains médicaments, a expliqué le 2 février à APMnews Nathalie Le Meur, administratrice de l'organisation et présidente de sa task force "ruptures".

Mis au point et financé par le Leem, le Gemme (Générique même médicament) et les laboratoires des médicaments d'importation parallèle (Lemi), "TracStocks est un outil moderne et automatisé géré par un tiers de confiance", a expliqué à APMnews Nathalie Le Meur, sans toutefois dévoiler l'identité de ce dernier.

La plateforme concerne les entreprises pharmaceutiques "qui peuvent, parfois, être en situation de tension sur des médicaments d'intérêt thérapeutique majeur [MITM]". Elle permet d'anticiper les ruptures de stocks et de "visualiser les éventuelles alternatives" aux produits thérapeutiques en tension.

"Quand un médicament est en tension dans une entreprise exploitante, il est souvent difficile de savoir si le besoin des patients va être couvert réellement", a constaté l'administratrice du Leem.

Si l'outil "n'a pas vocation à devenir obligatoire", elle a estimé que son utilisation par les laboratoires informatiques relève "du bon sens".

"Il est tellement simple d'utilisation qu'il est vivement recommandé de l'utiliser parce qu'il va faciliter l'agrégation des données inter-laboratoires pour les autorités", a-t-elle fait valoir.

Ces informations, "sécurisées" et centralisées, pourront être utilisées par les autorités publiques, notamment l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), afin "d'adapter et gérer chaque situation spécifique en s'appuyant sur les laboratoires concernées" et de faciliter l'identification d'action prioritaires.

TracStocks pourra être "activé autant que de besoin par les autorités sur des thématiques particulières ou spécifiques liées aux MITM". Elles pourront alors communiquer des informations aux patients et professionnels de santé sur la couverture de chaque médicament et sur le niveau des stocks.

Un déploiement "progressif" amorcé

Il a fallu au Leem "entre 12 et 18 mois" pour mettre au point l'outil, a fait savoir Nathalie Le Meur.

Il a commencé à être déployé fin 2020 autour des médicaments "indispensables de réanimation à l'hôpital dans le cadre de la Covid-19". "Il y a 9 molécules: des curares, le propofol, le midazolam, la méthylprednisolone et quelques antibiotiques…", a listé la dirigeante, indiquant que "14 laboratoires sont concernés par ce suivi".

Le syndicat patronal envisage d'étendre le dispositif progressivement dans le courant du premier trimestre de cette année" et travaille pour cela avec les autorités de santé.

Seules les autorités auront d'ailleurs un accès direct et complet à la plateforme. Les officines, les pharmacies à usage intérieur (PUI) et les professionnels de santé n'accéderont aux données que par l'intermédiaire des informations fournies par les autorités.

Les industriels auront, eux, accès à leurs propres données ainsi que dans certains cas, validés avec l’ANSM, à des données agrégées.

Le président du Leem, Frédéric Collet, a reconnu le 27 janvier que le sujet des ruptures d'approvisionnement était une des "problématiques sur lesquelles nous pouvons, nous devons mieux faire et agir rapidement". "Nous prenons notre part de responsabilité", a-t-il assuré, tout en estimant que les pénuries sont un problème "mondial" et "multifactoriel".

Ces ruptures "ont pris plus d'ampleur ces dernières années en raison de la complexification de la chaîne de production, des technologies, des contrôles et des obligations réglementaires. Mais aussi de facteurs externes, notamment des capacités de production insuffisantes face à l’augmentation de la demande mondiale, des problèmes d’approvisionnement de principes actifs", a-t-il listé.

"Nous avons fait de ce sujet l'une de nos toutes premières priorités d'action", a assuré Frédéric Collet.

Les signalements de risques de tensions et ruptures de stocks de médicaments ont crû de plus de 70% en 2019, à 1.504, selon le dernier bilan établi par l'ANSM.

Pour rappel, la mission sur les pénuries de médicaments en France pilotée par Jacques Biot a recommandé à l'ANSM, dans son rapport publié le 18 juin, de mettre en œuvre une téléprocédure permettant de standardiser l’information et donc de la centraliser dans ses bases de données pour un traitement systématique et rapide des situations de ruptures de stock.

mjl-wz/gdl/nc

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