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Pour le fab lab du GH Paris-Saclay (AP-HP), la crise sanitaire a été un accélérateur de diffusion d'objets

Crédit: FabLab Bicêtre
Crédit: FabLab Bicêtre

PARIS, 23 novembre 2020 (TecHopital) - Le fab lab Héphaïstos du groupe hospitalo-universitaire (GHU) Paris-Saclay de l'AP-HP a apporté adaptabilité, souplesse et une grande réactivité pendant la crise sanitaire, cette dernière ayant été un accélérateur de diffusion des objets, a expliqué Guillaume Eckerlein, directeur des achats et de la logistique du GHU.

Le fab lab (laboratoire de fabrication) Héphaïstos du GHU Paris-Saclay de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a vu le jour il y a 2 ans, initialement afin de résoudre des problèmes de brancardage en créant un adaptateur universel de tiges à perfusion.

"Nous avons beaucoup de projets en cours et nous avons tendance à les freiner car nous connaissons un très fort engouement de la part des soignants pour des demandes de solutions. A ce jour, nous avons diffusé des milliers d'objets dans les services de soins", a relaté Guillaume Eckerlein lors du séminaire en ligne des directeurs des achats et de la logistique, qui s'est tenu le 17 novembre.

Le fab lab hospitalier est un atelier d'innovation et de fabrication numérique au cœur de l'hôpital permettant la création de solutions facilitant le quotidien des soignants et des agents. Il permet de prototyper toute sorte d'objets ou de solutions, de pouvoir partager les idées qui émergent dans les services et de les prototyper, et enfin de faciliter leur diffusion dans les autres services, a indiqué Claire Fauchille, designer.

"C'est un espace local de fabrication qui utilise un certain nombre de machines, d'outils partagés. Ainsi, au GHU nous disposons de 3 imprimantes 3D, bientôt nous en aurons 5, mais aussi de découpeuses laser, des scanner 3D", a détaillé le directeur des achats et de la logistique du GHU.

Le fab lab est constitué d'une équipe mobile qui intervient directement dans les services pour animer des ateliers "fab lab pop-up" auprès des équipes soignantes.

La méthodologie d'intervention repose sur de l'immersion terrain pour comprendre les besoins et les usages des soignants. Mais le fab lab possède aussi un espace spécifique au cœur de l'hôpital, où les machines sont mises à disposition des soignants et des agents. Il dispose également d'un catalogue de solutions numériques que l'on appelle "le wiki" permettant de documenter chaque projet et de faciliter la transmission de fichiers de fabrication pouvant être utilisées par d'autres soignants ayant accès à une imprimante 3D.

Les trois principes du fab lab hospitalier sont de "faire de l'expérimentation, proposer des services et expliquer aux soignants comment ça fonctionne". Ainsi, l'immersion dans les services de soins est nécessaire pour fabriquer des maquettes, des prototypes.

A titre d'exemple, le fab lab a accompagné le projet de fabrication d'un casque anti-bruit pour l'IRM "qui faisait beaucoup de bruit et qui gênait l'examen", ou encore un projet de support de pipettes, ou encore pour aider un kiné souhaitant fabriquer une semelle sur mesure en impression 3D flexible.

"Nous travaillons également beaucoup avec les services techniques pour reproduire des pièces lorsque l'équipement est trop vieux et que les pièces détachées ne sont plus disponibles", a détaillé Claire Fauchille.

"Nous travaillons avec l'écologie hospitalière sur la création de signalétiques de zones de dépôts temporaires, avec un plotter de découpes vinyle pour réaliser des pochoirs", a-t-elle ajouté.

"Nous travaillons enfin avec les ingénieurs biomédicaux pour le remplacement de pièces d'équipements biomédicaux", en fabricant par exemple un dispositif médical créé en impression 3D flexible et qui permet de sécuriser le raccord des canules de trachéotomie.

La crise Covid, accélérateur de diffusion

"La crise du Covid a été un fort accélérateur de diffusion des objets. Ainsi, plusieurs milliers de ces objets ont été distribués dans les services", a fait remarquer Guillaume Eckerlein.

Ainsi pendant la première vague, le fab lab a proposé un patron de fabrication d'une surblouse qui a ensuite été repris par un service de l'hôpital de Berck-sur-Mer (AP-HP). Ils ont optimisé le plan de fabrication en optimisant le trait de coupe et la couture pour aller plus vite et produire beaucoup plus. "C'est le but du fab lab: fournir une première matière de travail, dont les soignants s'emparent, et qu'ils optimisent ensuite", a fait remarquer Claire Fauchille.

En revanche, "la question des respirateurs n'était pas un sujet pour nous car c'est du matériel excessivement complexe, nécessitant des autorisations de l'ANSM" (Agence nationale du médicament et des produits de santé), a expliqué Guillaume Eckerlein. "On entrait dans un domaine qu'on n'allait pas pouvoir maîtriser sachant que le fab lab est tourné vers la résolution de problèmes au quotidien pour les soignants et pour les patients", a-t-il ajouté.

Comme tous les établissements de santé le GHU a connu des pénuries: de montures de lunettes, de surblouses, de masques, de visières.

C'est pourquoi, "nous avons créé un réseau d'impression 3D en mettant en place un système de coursiers qui venaient régulièrement, tous les 2-3 jours, récupérer les productions 3D de tous nos partenaires".

Le fab lab s'implique également dans la formation des agents. "Nous avons formé les équipes de la reprographie à l'impression 3D de façon à produire des visières et aider à assembler les visières fabriquées par les makers locaux".

"Nous avons travaillé avec des fab labs du territoire, situés dans le XIXe arrondissement de Paris et à Arcueil, avec des écoles d'ingénieurs. Des machines ont même été prêtées par la RATP afin d'augmenter notre production sur le site de Bicêtre", a indiqué Claire Fauchille.

"Nous avons également travaillé à la conception et la diffusion de patrons de fabrication de surblouses, de charlottes et pyjamas. Nous avons facilité l'organisation d'ateliers de confection". Ainsi, le fab lab a mis en place un partenariat avec un atelier qui travaille habituellement avec les maisons de haute couture, atelier qui a fabriqué 50.000 surblouses.

Enfin, la pénurie d'équipements de protection individuelle (EPI) a poussé à travailler à la recherche de matériaux alternatifs pour la production d'outils médicaux alternatifs. Ainsi, une cartographie des ressources en matériaux déjà existants dans les services des 7 hôpitaux du GHU a été mise en place et cela pour la fabrication de masques, de surblouses.

L'idée serait maintenant de pouvoir "pérenniser certaines initiatives", explique le directeur des achats, avec la "mise en place de protocoles de validation de solutions".

Quant à la seconde vague, elle est propice à de nouveaux projets d'innovation tels que "l'identification, le suivi et stockage des affaires personnelles des patients, testé dans un service de neurochirurgie".

Ou encore, la mise au point d'un support de poubelles adaptables dans la chambre des patients.

Enfin, avec les ingénieurs biomédicaux, le fab lab réfléchit à des formes plus flexible et plus souple que pourrait prendre un chariot d'isolement médical, avec des pièces imprimées en 3D.

"Les fab lab apportent de l'adaptabilité, de la souplesse et une grande réactivité, qui sont des atouts importants dans ce genre de crise. Il faut donc garder cette dynamique après la crise, pour favoriser ces solutions." "C'est un outil très utile à l'hôpital qui facilite le quotidien des soignants et des patients", a insisté Guillaume Eckerlein.

Aujourd'hui, "nous nous interrogeons sur la création d'un label "fab lab hospitalier" pour accompagner la création d'autres fab labs dans les hôpitaux", a conclu le directeur des achats et de la logistique.

gdl/nc

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