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Préparation automatique des médicaments : le CH de Bourges soigne la sécurité

PARIS, 12 mars 2014 (Direct Hôpital) – Le centre hospitalier George-Sand a déployé l'année dernière deux automates qui préparent les doses de médicaments. Pour les pharmaciens et infirmiers, c'est un vrai gain de temps et de sécurité. Même si le système a aussi quelques effets indésirables.

Le centre hospitalier George-Sand, qui regroupe les sites de Bourges, Dun-sur-Auron et Chezal-Benoît, fait figure de précurseur en matière de pharmacie : c'est le premier en région Centre à avoir automatisé la distribution des médicaments. En France, ils sont moins d'une cinquantaine à avoir sauté le pas.
 
"Le projet a été initié suite à une visite de certification de la HAS, qui nous a demandé de travailler sur une dispense nominative des médicaments", explique Stéphanie Moreau, pharmacienne. L'établissement s'est alors tourné vers le centre hospitalier de la Charité-sur-Loire (Nièvre), où les médicaments sont préparés automatiquement depuis 2005.
 
Deux automates ont été acquis par l'hôpital : l'un pour le site de Bourges, qui livre aussi Chezal-Benoît, et l'autre pour celui de Dun-sur-Auron. Ils ont été mis en service respectivement en janvier et février 2013, avec une montée en charge sur tous les services achevée en juillet et décembre. Aujourd'hui, 150.000 sachets sont préparés chaque mois, pour les 940 patients des trois sites.
 
Cet investissement, d'un coût total de 400.000 euros, a fait évoluer le rôle des préparateurs. Une première étape consiste à déconditionner les médicaments, qui sont stockés en vrac dans les automates. Ces derniers ont été interfacés avec le logiciel patient : lorsqu'ils reçoivent une prescription, ils la préparent automatiquement.
 
Si elle contient un médicament fragile ou une demi-dose, la prescription est d'abord gérée par les préparateurs avant d'être complétée par la machine.
 
Les préparateurs vérifient ensuite les sachets produits, avant leur envoi aux services. "Nous avons un taux de non-conformité en sortie d'automate de 1 pour 1000", indique Stéphanie Moreau. Cette non-conformité provient de médicaments cassés ou bien d'erreurs de doses (deux médicaments qui passent au lieu d'un). Dans ce dernier cas, la machine le détecte et envoie une alerte.
 

Plus de sécurité, mais une gestion des stocks plus compliquée

 
Après plusieurs mois d'utilisation, le retour est "complètement positif", souligne la pharmacienne. Un bilan complet sera effectué d'ici juin, mais les premiers commentaires parlent d'un "vrai gain au niveau de la sécurité/qualité et d'un gain de temps", précise-t-elle.
 
Les infirmières, notamment, n'ont plus qu'à administrer la dose – après avoir contrôlé une nouvelle fois le contenu du sachet – alors qu'elles devaient auparavant la préparer. 
 
L'automatisation a aussi facilité la vie des patients qui sortent de l'hôpital : ceux qui partent en promenade pour la journée (un sachet est alors préparé avec leur dose du midi), les jeunes scolarisés (qui reçoivent leur dose pour la semaine) ou les patients en famille d'accueil. Ces derniers sont près de 300. "Avant, les familles préparaient les doses par rapport à la prescription. Maintenant, on leur donne les sachets déjà prêts, sous forme de rouleaux : la sécurité, l'hygiène et la facilité s'en trouvent améliorées."
 
Si le bilan est très positif pour l'établissement, il a aussi fallu gérer quelques désagréments. "Nous avons dû augmenter notre stock global, puisque nous avons maintenant trois lieux de stockage : les médicaments en rayon, ceux en vrac et les automates eux-mêmes", admet la pharmacienne.
 
L'étape de déconditionnement est fastidieuse et répétitive : les préparateurs s'y attellent donc à tour de rôle. La question de leur exposition aux poussières de médicaments se pose aussi ; l'établissement envisage donc l'achat d'une hotte aspirante. 
 
Ces deux problèmes disparaîtraient si plus de médicaments pouvaient être achetés directement en vrac… mais cela reste encore rare en France. "Et il faut que nous ayons toujours des médicaments sous blister, pour les dotations de services. Si on achetait du vrac en plus, il faudrait donc un double-référencement pour le même produit, ce qui serait compliqué…", observe Stéphanie Moreau.
 
Ces réflexions sont partagées par les établissements concernés, qui se sont réunis dans un "club automates". Un club sans doute destiné à s'agrandir : l'hôpital Jacques-Cœur de Bourges, celui de Saint-Armand ou le  centre hospitalier spécialisé (CHS) d'Ainay-le-Château (Allier) sont déjà venus visiter les installations de George Sand. /mb

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