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Prestataires de stérilisation: Sterience, MVO et Vanguard Medical convergent vers une offre in situ

NANTES, 20 avril 2015 (Direct Hôpital) - L'offre proposée par les industriels prestataires de stérilisation aux établissements de santé, Sterience, MVO et Vanguard Medical, montre une forte tendance pour l'in situ en France, a-t-on appris en marge des journées nationales d'études sur la stérilisation dans les établissements de santé organisées à Nantes début avril par le Centre d'études et de formation hospitalières (CEFH).

Pionnier sur le marché français, Sterience (issu de la société d'instrumentation chirurgicale B. Braun) avait commencé par ouvrir des stérilisations externalisées proposant une sous-traitance complète de la fourniture de dispositifs médicaux stériles pour les interventions au bloc opératoire. Après un premier site inauguré en mars 2001, à Chassieu (Rhône), dans la région lyonnaise, la société prévoyait de développer rapidement un maillage avec une quinzaine de centres sur le territoire.

Mais la tendance a évolué. Actuellement, tous les prestataires se concentrent sur une offre dite in situ proposant des remises aux normes ou des conceptions et gestions de nouvelles unités de stérilisation au sein des établissements de santé, au plus près des activités chirurgicales et qui peuvent permettre un retour en arrière pour les établissements de santé en gardant la stérilisation dans leurs murs si la sous-traitance ne convient pas.

Sterience, numéro un du marché (17-18 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014, entre 275 et 300 collaborateurs), a bien ouvert d'autres centres de stérilisation mais a commencé à s'orienter aussi vers l'in situ à partir de 2010 avec des projets au sein des établissements de santé.

Aujourd'hui, il n'est plus question d'ouvrir de nouveaux gros sites externalisés (ex situ), en plus des quatres premiers: Chassieu, Liévin (Pas-de-Calais), Clichy (Hauts-de-Seine) et Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône).

La société propose son savoir-faire pour concevoir une solution intégrée aux établissements de santé, dans leur environnement médical.

"L'in situ devient le coeur [de notre offre] et la tendance du marché", a indiqué à l'APM Simon Gelin, directeur commercial de Sterience, rencontré lors des journées de Nantes. "Nous apportons un vrai accompagnement notamment sur la maîtrise des coûts", a-t-il ajouté.

Le dernier site in situ ouvert est celui d'Avron, à Paris au sein du groupe hospitalier Diaconesses Croix-Saint-Simon avec une surface de 300 mètres carrés, trois laveurs et trois autoclaves, pour une capacité de 400 équivalents boîtes par jour. Sterience dispose de trois autres unités in situ: au CH de Troyes, à Reims (groupe Courlancy), à l'hôpital Saint-Joseph (Espic) de Marseille.

L'industriel évoque des projets in situ en cours dans le Nord, en Rhône-Alpes et dans le Sud. Sterience a étoffé son offre commerciale en régions pour être au plus près de clients potentiels et attend "un élan de croissance" dans ce domaine.

"Nous nous sommes résolument tournés vers le service", indique la porte-parole de Sterience. En plus de son offre de stérilisation (in situ ou ex situ), la société développe l'accompagnement de ses clients avec notamment des outils informatiques, des compétences d'ingénierie ou encore une offre d'assurance de dépannage intitulée Stérinité. L'établissement client fournit au préalable ses listings d'instruments qui sont intégrés aux logiciels de Sterience, et en cas de pépin (panne, travaux) et il peut compter sur une réponse de sous-traitance rapide.

Sterience a également équipé deux de ses sites externalisés de stérilisateurs basse température (Sterrad*, ASP, groupe J&J) pour proposer ce service à des hôpitaux pour du matériel thermosensible (endoscopes souples, optiques, moteurs, câbles de lumière, pièces de robots chirurgicaux).

L'industriel se réjouit d'avoir enregistré plusieurs renouvellements importants récents notamment pour la Fédération Unicancer fin 2014 (neuf centres de lutte contre le cancer sont clients dont le plus gros, Gustave-Roussy, à Villejuif, Val-de-Marne), l'hôpital Saint-Joseph à Marseille (in situ) pour cinq années de plus et le CH de Troyes, qui a été son premier projet in situ.

Sixième site pour MVO

La société MVO, acteur plus récent sur le marché et très discret, a ouvert un sixième site de stérilisation à Lille pour le Groupement des hôpitaux de l'Institut catholique de Lille (GHICL) début avril, a indiqué à l'APM son directeur général, Ludovic de Poix, également présent aux journées du CEFH.

Basée au Mans, MVO est issue d'un groupe familial de la Mayenne, MPO, qui a été le premier fabricant de CD et qui a diversifié son activité vers le packaging et la logistique avant de créer MVO, une société spécialisée dans la stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables.

En 2008, MVO a conçu et réalisé une première stérilisation pour trois cliniques qui se rapprochaient pour former le Pôle santé Sud du Mans (groupe Vedici). Sur ce site de stérilisation in situ, elle a automatisé différentes fonctions comme le chargement et le déchargement des laveurs et elle a recentré l'activité sur la recomposition. MVO assume la gestion de cette installation qui sous-traite également pour le centre hospitalier de Sablé-sur-Sarthe (Pôle santé Sarthe et Loir).

Après ce premier client, MVO a poursuivi dans cette voie pour d'autres établissements privés, souvent avec le groupe de cliniques Vedici (mais sans lien capitalistique entre les deux), mais pas seulement: Soyaux (Charente), près d'Angoulême en 2009, la Clinique de l'Archette à Olivet (Loiret) près d'Orléans en 2010, ou encore pour le Pôle santé Oréliance (groupe Saint-Gatien) à Saran (Loiret).

En mars 2012, MVO a racheté à Sterience son site ex-situ nantais, à Saint-Herblain, qui l'avait cédé faute de volumes suffisants à stériliser (cf APM SLPDA002). Ce site, le seul externalisé de MVO, traite l'instrumentation pour la Clinique Jules Verne, le Centre René-Gauducheau de Nantes (Institut de cancérologie de l'Ouest -ICO) ou encore les Cliniques mutualistes de l'Estuaire à Saint-Nazaire.

A l'exception de ce site externalisé, MVO reste "très axé in situ", a précisé le directeur.

C'est dans cet esprit qu'elle a débuté l'activité d'un sixième site, à Lille. C'est une prestation in situ pour le GHICL qui a nécessité un investissement de 2 millions d'euros pour une capacité de traitement de 50.000 équivalents boîtes par jour. Le GHICL a mis à disposition de l'industriel un espace libre sur lequel il a aménagé une unité de stérilisation qu'il gère entièrement. Quinze agents de stérilisation, salariés de MVO, ont été formés, a indiqué Ludovic de Poix.

La société affiche un chiffre d'affaires de 4,3 millions d'euros en 2014 et encadre une centaine de personnes.

Fin des gros projets de stérilisation

Vanguard Medical, acteur plus ancien sur ce marché et qui avait racheté la filiale du groupe Air Liquide Santé spécialisée en stérilisation, Omasa, en 2012, reste positionné depuis ses débuts sur une offre in situ, avec des projets de petite taille et individualisés, a indiqué Manuel Navailles, directeur général de Vanguard Medical, interrogé par l'APM.

La société dispose de quatre sites en France, à Nantes avec le site d'Omasa qu'elle va fermer maintenant que le CHU a repris l'activité qu'il avait sous-traitée avant d'ouvrir son unité centrale, à Caen (ex-Omasa aussi) au coeur du CHU avec un renouvellement récent du contrat, à Chambéry (Medipole Savoie) et à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie) pour les CH d'Annecy et de Saint-Julien. Vanguard a réalisé entre 5 millions et 6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014 et emploie une centaine de personnes.

Manuel Navailles indique avoir plusieurs projets in situ en cours de préparation. Pour lui, "il n'y aura plus de gros projets de stérilisation centrale" même dans les CHU, et ces grosses stérilisations industrielles seront "dures à tenir". Il compte sur la diminution de la capacité des établissements à investir pour développer son activité de sous-traitance sous forme de petits projets bien dimensionnés afin de répondre au mieux et au plus près aux besoins des établissements de santé clients.

sl/ab/nc

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