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16/02/2015
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Prévention du suicide: lancement d'un dispositif innovant promu par le CHU de Lille

LILLE, 16 février 2015 (Direct Hôpital) - Le CHU de Lille est le promoteur d'un dispositif innovant régional de prévention du suicide pour les patients ayant déjà été hospitalisés pour une tentative, indique le CHU dans un dossier diffusé début février.

 
Dans ce dossier, le CHU rappelle que 20.000 tentatives de suicide et environ 800 décès par suicide ont été recensés dans le Nord-Pas-de-Calais en 2011, et que la régulation des Samu de la région (59 et 62 réunis) comptabilise 15.000 appels par an pour suicide.
 
Le suicide est la première cause de mortalité chez les 15-25 ans dans la région, indique également le document. Pour rappel, le Nord-Pas-de-Calais est aussi au premier rang des régions métropolitaines en termes d'hospitalisation pour tentative de suicide chez les hommes, et au deuxième rang chez les femmes, selon une récente étude de la Fédération régionale de recherche en santé mentale du Nord-Pas-de-Calais (F2RSM).
 
Le dispositif promu par le CHU, baptisé VigilanS, s'intéresse aux patients qui ont déjà fait une tentative de suicide. Il estime en effet que si "sur 10 premières tentatives de suicide, les statistiques démontrent que six ne récidiveront jamais", en revanche, "pour les quatre autres, les professionnels de santé concernés par la prise en soins de ces patients sont convaincus qu'un accompagnement spécifique peut prévenir une récidive".
 
Le dossier mentionne qu'aujourd'hui, après une tentative de suicide "et une hospitalisation souvent courte aux urgences ou à l'hôpital, les patients retrouvent leur quotidien avec pour bon nombre d'entres eux, leurs difficultés". Le suivi proposé actuellement consiste en un courrier adressé au médecin traitant et/ou au psychiatre et un rendez-vous programmé dans un centre médico-psychologique (CMP).
 
"Mais ensuite? Qui s'inquiète un peu à distance du devenir du patient, de la qualité du suivi proposé? Qui vient l'ajuster, le compléter ou au contraire ne pas insister quand le sujet semble passer à autre chose?", interroge-t-il. D'où l'idée de VigilanS, "justement pour rester 'en veille' auprès de ces personnes fragilisées, pour leur montrer, par un accompagnement personnalisé, qu'ils ne sont pas seuls pour traverser cette période sensible".
 
Concrètement, après une tentative de suicide, les services qui ont pris en charge le patient en urgence "signalent au dispositif VigilanS la sortie de ce dernier". Parallèlement, avant de laisser partir le patient, ils lui remettent une "carte ressources prévention" sur laquelle figure un numéro d'appel d'urgence gratuit. VigilanS informe alors par courrier le médecin traitant et/ou le psychiatre référent du patient de la mise en place du dispositif et leur transmet un numéro de téléphone de recours.
 
Les personnes sont ensuite recontactées selon différentes modalités, selon qu'il s'agit d'une récidive ou non, par téléphone, par SMS, ou par "cartes postales", précise le CHU. "A chaque contact, le médecin traitant est tenu au courant. Si un sujet contacté se trouve en difficulté, voire en danger, VigilanS organise les recours adaptés, en lien direct avec le centre hospitalier de référence et le médecin traitant".
 
Cette "veille" s'étale sur une période de six mois, plus si nécessaire. "S'il survient une récidive suicidaire, le patient est de nouveau inscrit dans le dispositif pour six mois", précise le document.
 

Une première nationale

 
Depuis début janvier, la région Nord-Pas de Calais est la première à tester ce dispositif pilote, financé pour deux ans par l'agence régionale de santé (ARS) à hauteur de 380.000 euros, dans le cadre du schéma régional de prévention du Nord Pas-de-Calais pour 2012-16.
 
"L'agence s'est engagée à soutenir l'expérience dans le temps si elle montrait son intérêt dans la prévention du suicide", assure le CHU.
 
Le dispositif VigilanS est coordonné par Guillaume Vaiva, professeur de psychiatrie au CHU de Lille. L'équipe est composée d'une secrétaire à temps plein, d'un praticien hospitalier à mi-temps, de quatre mi-temps d'"appelants/écoutants", d'un assistant spécialiste en psychiatrie sur l'évaluation du projet et d'une assistante de recherche clinique.
 
L'équipe des "appelants/écoutants" est installée au sein de la régulation médicale du Samu/Centre 15, précise encore le CHU.
 
Le CHU de Lille est donc le promoteur de VigilanS, mais le dispositif "fédère l'expertise de plusieurs partenaires" dont le Samu/Centre 15, les services d'urgences des hôpitaux de la région et les centres de crise, "qui 'alimentent' le dispositif en signalant les sujets à veiller", et les services de psychiatrie et santé mentale, "qui joignent leurs ressources de soin et d'intervention à celles de VigilanS, quand une situation à risque est détectée".
 
Le dispositif associe également l'union régionale des professionnels de santé (URPS) et les associations de développement professionnel continu (DPC) de médecins généralistes, "qui s'associent au projet en sensibilisant les médecins de proximité à la détection du risque suicidaire et aux recours disponibles".
 
La F2RSM est chargée de l'évaluation quantitative et qualitative de l'ensemble du dispositif.
 
vl/ab/
 

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Il y a un commentaire sur cette publication

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Rédigé par: alainjaouen64@gmail.com  le 16/02/2015 à 10:33
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Parler argent (300 000 euros / DC) pour une chose aussi grave qu'est le suicide est bien le reflet de notre société mercantile .... il faut se jeter sur l'élargissement de la prévention et le suivi des "suicidants survivants".
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