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Prise en charge médicamenteuse : un outil de sécurisation très pédagogique

PARIS, 31 mai (Direct Hôpital) - L'outil Inter Diag médicament de l'Anap permet de faire de la pédagogie dans les unités de soins sur la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse du patient à l'hôpital.

La sécurisation de la prise en charge médicamenteuse est une problématique majeure des établissements de santé. Elle représente 80% des réserves majeures dans la certification des établissements par la Haute autorité de santé (HAS) et sera toujours une priorité dans la Version 2014.

 

L'enjeu est aussi économique puisque le médicament est le deuxième poste budgétaire des établissements de santé. Par ailleurs le coût de la iatrogénie médicamenteuse évitable a été évalué entre 283 millions et 472 millions d'euros (128.000 hospitalisations par an), a cité Majid Talla de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), en milieu de semaine lors d'une conférence aux Salons de la santé et de l'autonomie.

 

Différents outils sont disponibles pour aider les professionnels à améliorer la chaîne complète du circuit du médicament, comme Inter Diag médicament mis en place début 2012 par l'Anap.

 

Cet outil d'auto-évaluation et de gestion des risques liés à la prise en charge médicamenteuse permet de produire, à l'échelle de l'unité de soins (où 60% des incidents liés au médicament se produisent), une cartographie des risques liés au processus. Il est mis en oeuvre au plus près des patients, selon une démarche pluridisciplinaire. Il produit un diagnostic partagé et permet d'identifier les facteurs de risque latents. Les résultats sont visualisés sur des graphiques et des comparaisons peuvent être réalisées.

 

"L'objectif est de faire de la pédagogie, de parler le même langage et ensuite d'engager les équipes dans des plans d'actions concrets", a souligné Majid Talla. Une version spécifique de cet outil pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) a été mise en ligne la semaine dernière.

 

C'est un outil extrêmement intéressant, a témoigné Isabelle Verheyde, coordinatrice de la gestion des risques au CH de Roubaix. Dans cet établissement, une cartographie des risques avait déjà été réalisée selon une méthode développée au sein du Réseau santé qualité Nord-Pas-de-Calais, "mais nous avons voulu aller plus sur le terrain, dans les services".

 

 "C'est un outil très pédagogique mais chronophage car il faut mobiliser beaucoup d'acteurs dans les services (cadre, médecin, anesthésiste et/ou chirurgien, des internes, des infirmières). C'est lourd de le faire pour tous les services", a-t-elle cependant ajouté.

 

Dans cet établissement de 800 lits, l'outil a d'abord été utilisé dans les services à risque (court séjour gériatrique, deux services de chirurgie, réanimation chirurgicale,  néonatologie,  pédiatrie et  urgences). Plus récemment, le diagnostic a été fait en hématologie.

 

"L'outil offre un rendu des résultats en temps réel (avec les points faibles et les points forts). Il sensibilise au risque et permet une prise de conscience", a-t-elle expliqué. La séance de diagnostic qui dure environ 2h30 par service permet de faire de la formation. On identifie le risque et des mesures à mettre en place. C'est l'occasion de revoir les armoires à pharmacie dans les services. L'opération débouche sur un plan d'actions.

 

Isabelle Verheyde a souligné l'intérêt de l'outil pour développer la communication entre les pharmaciens et le personnel des services de soins. Le résultat est consigné comme élément de preuve à fournir lors des visites de contrôles, attestant de la démarche menée. Il sert aussi de formation.

 

D'autres outils sont développés, comme la check-list chimiothérapie pour l'oncologie du Conseil national de la cancérologie (CNC), a rappelé Muriel Dahan, conseillère générale des établissements de santé (CGES). "Cette check-list chimio est en cours de test dans des établissements et on espère la publier pour la rentrée", a-t-elle précisé, en invitant les établissements intéressés à participer à ces tests.

 

Rémy Collomp, pharmacien au CHU de Nice, a cité un nouveau guide proposé par la Société française de pharmacie clinique (SFPC) dont il est membre, intitulé "Comment optimiser l'implication de l'équipe pharmaceutique dans la gestion des risques associés à la prise en charge médicamenteuse du patient" qui "n'est pas un guide supplémentaire mais une table d'orientation sur ce qui existe déjà en matière d'outils et de guides et comment les utiliser". /sl/mb

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