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Radiothérapie: un nouveau système pour éviter les erreurs de dose

PARIS, 11 mars (Direct Hôpital) – Depuis l'accident d'Epinal, la sécurité a été renforcée dans les services de radiothérapie français. En 2007, la dosimétrie in vivo devenait une obligation légale. Aujourd’hui, une société française propose d'aller plus loin dans la détection des erreurs sur la délivrance des doses.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné le 30 janvier deux radiothérapeutes et un radiophysicien pour les accidents de surexpositions de patients survenus à l'hôpital d'Epinal (Vosges) entre 2001 et 2006. Il a retenu contre eux une série de fautes caractérisées, comme la validation par le radiophysicien des fiches de traitement, alors que le paramétrage de l'appareil était erroné.

 
Cet accident, qui a provoqué le décès de 12 patients, a été à l'époque un choc pour le monde de la radiothérapie. "Celui-ci s'est aperçu qu'en faisant trop confiance à l'informatique – rendue indispensable par la sophistication des techniques – des erreurs systématiques, se répétant jour après jour, pouvaient avoir des conséquences catastrophiques", se rappelle François Husson, directeur scientifique chez DOSIsoft, un des leaders sur le marché français des solutions logicielles de planification de traitements et de contrôle qualité en radiothérapie.
 
Suite à cet accident, la réglementation a été renforcée dans les services de radiothérapie et la présence d'une solution de dosimétrie in vivo – le contrôle en temps réel de la dose délivrée -  est devenue obligatoire à partir de mai 2011. Cette mesure se fait à la première séance, si besoin à la deuxième et à chaque changement de technique entraînant un nouveau calcul de temps d’exposition.
 
Or, la technique la plus répandue, qui consiste à placer une diode sur la peau du patient afin de mesurer la dose reçue en un point précis, n'est pas adaptée à toutes les techniques de radiothérapie, en particulier la radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité (IMRT et VMAT). La dosimétrie in vivo n'est d'ailleurs obligatoire que pour les "faisceaux techniquement mesurables". Pour les techniques les plus élaborées, le seul moyen de s'assurer de la bonne reproduction des séquences programmées consiste à faire des séances à blanc, sans patient. Une méthode contraignante particulièrement chronophage.
 
DOSIsoft a donc élaboré une solution de contrôle de dose in vivo et de contrôle d'erreur à partir de la dosimétrie de transmission via l'imagerie portale (l'EPID, Electronic Portal Imaging Device). "Le portal imaging est un accessoire de la machine de traitement et il est immédiatement disponible, explique François Husson. L'avantage, c'est qu'on peut répéter ce contrôle plusieurs fois au cours du traitement, voire tous les jours, car il est plus simple à mettre en œuvre."
 
"Lorsque la loi a été votée, ce système avec EPID n'existait pas, les services se sont donc équipés de systèmes avec détecteurs à diodes", note le directeur scientifique. Une vingtaine d'établissements ont néanmoins choisi le système EPIgray, lancé fin 2010. "C'est une solution qui plaît, car elle répond à la faisabilité technique obligatoire pour pouvoir appliquer ce type de mesure à tous les patients, sans exception et sans l’excuse : 'ce faisceau-là, je ne peux pas le contrôler.'"
 
D'autant que le système ne coûte pas plus cher qu'un système classique qui requiert des consommables. "Et le gain est énorme en temps et en efficacité, souligne-t-il. Dès lors qu'on peut contrôler la dose même pour les techniques compliquées, il est possible de supprimer l'étape de pré-traitement à blanc, ce qu'ont déjà fait certains centres équipés d'EPIgray."
 
Outre DOSIsoft, deux entreprises américaines proposent ce type de solution. "La nôtre est davantage axée sur la détection automatique d'erreurs dans la dose délivrée et s’appuie sur un workflow efficace. Lorsque l'image est acquise, elle est récupérée automatiquement par le système EPIgray, qui émet une alerte aux utilisateurs si la dose est inférieure ou supérieure à la dose prévue", fait valoir le responsable.
 

Le Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale mis à jour 

 
Toujours pour améliorer la sureté des patients, la Société française de radiologie (SFR) et la Société française de médecine nucléaire (SFMN) ont publié fin février la nouvelle version du Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale. Il permet aux professionnels de santé de savoir quel examen d'imagerie médicale demander face à une situation clinique et quel examen choisir afin d'optimiser le diagnostic et de limiter l'exposition aux rayonnements ionisants.
 
Le guide explique comment évaluer l'exposition du patient aux rayonnements ionisants et comment comparer le rapport efficacité/dose de chaque examen pour chaque indication. Il précise aussi comment adapter la demande d'examens aux besoins spécifiques de certaines populations (enfants, femmes enceintes ou femmes en âge de procréer).
 
La nouvelle version est disponible sous forme de logiciel gratuit en ligne ou hors ligne afin de faciliter l'accès aux recommandations à travers 400 symptômes et situations cliniques recensés. Le format électronique permettra des mises à jour régulières. /mb

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