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Rejets médicamenteux dans l'eau : les hôpitaux des Portes de Camargue réduisent la dose

PARIS, 6 mars 2014 (Direct Hôpital) – Les Hôpitaux des Portes de Camargue mènent plusieurs actions pour réduire leurs rejets médicamenteux dans l'eau. L'impact environnemental est étudié lors du choix des médicaments et les stocks sont mieux gérés pour éviter le gaspillage.

10% des rejets médicamenteux dans l'eau seraient dus aux établissements de santé. Cette pollution peut contaminer les organismes vivants et potentiellement les affecter, surtout si les substances rejetées sont bioaccumulables. 
 
Sensibilisée par plusieurs articles, Catherine Taillefer, pharmacienne hospitalière aux Hôpitaux des Portes de Camargue, a décidé de travailler sur le sujet depuis deux ans. La direction de l'établissement l'a suivie. "La direction a aussi réalisé que les rejets médicamenteux sont une réelle problématique, la démarche s'est donc faite assez naturellement", souligne-t-elle.
 
Pour réduire ses rejets, l'hôpital s'est notamment appuyé sur l'indice PBT (Persistent Bioaccumulative and Toxic) développé en Suède et porté en France par le Comité développement durable en santé (C2DS), auquel adhère l'établissement.
 
Cet indice classe les médicaments selon leur impact environnemental, ce qui permet aux professionnels de prendre en compte ce paramètre lors de la prescription. "Nous avons renseigné cet indice dans notre livret pédagogique, explique Catherine Taillefer. L'idée, s'il y a plusieurs molécules de même efficacité, c'est d'utiliser celle qui a l'impact environnemental le plus faible." 
 
L'établissement veut maintenant sensibiliser le groupement de commandes auquel il appartient à cette question, pour que l'impact environnemental soit intégré aux critères lors des projets appels d'offres d'achats de médicaments. Le C2DS, qui a travaillé avec les Hôpitaux de Camargue sur cette action pilote, a aussi transmis une proposition de loi au ministère chargé de la santé pour que l'indice PBT soit porté sur les notices des médicaments.
 
La démarche va plus loin que le simple choix des médicaments. Les médecins et le personnel chargé des commandes ont été associés à une réflexion visant à réduire les quantités de médicaments utilisés. "Il s'agit de se demander si on utilise les médicaments dans de bonnes conditions, et si on n'en n'utilise pas trop", explique la pharmacienne.
 
L'établissement a aussi mis en place une mesure simple et ludique pour sensibiliser son personnel : peser les médicaments qui vont être détruits, parce qu'ils sont périmés ou partiellement utilisés. Au total, 200 kilos de médicaments sont incinérés chaque année, soit 2% du budget pharmacie de l'établissement de 500 lits. 
 
Pour réduire ce gâchis, l'hôpital a mené une réflexion sur ses stocks, afin de comprendre quels médicaments se périment et pourquoi. Ceci afin d'optimiser les volumes de commande. Des échanges de médicaments en trop sont aussi organisés avec d'autres établissements de santé (les hôpitaux n'ayant pas le droit, pour une raison de traçabilité, de donner leurs médicaments à des associations caritatives).
 
La vertu économique de cette action est double : elle réduit le coût des commandes et celui de l'incinération des médicaments en trop, qui se fait dans une filière sécurisée. Là aussi, pour éviter les rejets dans l'eau. /mb

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