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Robots en Ehpad : il faut penser fonctionnel

Intervention sur les robots au Géronforum de la Fnaqpa - Crédit: Valérie Lespez/APMnews
Intervention sur les robots au Géronforum de la Fnaqpa - Crédit: Valérie Lespez/APMnews

(Par Valérie LESPEZ, au Géronforum)

LA GRANDE-MOTTE (Hérault), 4 juillet 2018 (TecHopital) - Les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ne doivent pas être "passifs" vis-à-vis des fabricants qui vendent des robots, alors que ce sont ces établissements qui, bien souvent, en déterminent l'usage, a encouragé Jean-Marc Blanc, directeur de l'Institut méditerranéen des métiers de la longévité (Fondation I2ML), lors du Géronforum 2018 organisé les 21 et 22 juin par la Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées (Fnaqpa), à La Grande-Motte.

La thématique de ce Géronforum 2018 était "sortir de la contrainte par l'innovation". Les intervenants ont détaillé toutes sortes d'innovations, organisationnelles et technologiques qui fleurissent dans le champ du grand âge.

"Vous vous comportez plus ou moins de manière passive par rapport à ceux qui essayent de vous vendre des robots", a ainsi lancé Jean-Marc Blanc aux congressistes.

"Quand on vient vous vendre un robot, on vous invente un usage", a-t-il souligné. "Et c'est dingue de se dire que derrière, c'est l'établissement qui va galérer pour le rendre fonctionnel ! On vous facture 15.000 euros un robot alors que c'est vous qui devriez facturer 20.000 euros, parce que vous faites leur programme de R&D !"

Jean-Marc Blanc a d'ailleurs insisté sur l'utilité des "robots fonctionnels", pour aider les infirmières, les aides-soignantes, comme "des chariots qui accompagnent l'infirmière et qui sortent les traitements au fur et à mesure" ou "des chariots qui trient le linge".

"Il faut penser d'abord fonctionnel", a-t-il estimé, remarquant que, bien souvent, les directeurs préféraient le clinquant d'un robot "vivantoïde" alors qu'un robot fonctionnel eût été plus utile.

Sur le débat d'un éventuel remplacement de l'humain par les robots et sur l'intelligence artificielle, Jean-Marc Blanc a assuré que "les robots ne remplaceront pas les humains si les humains arrivent à démontrer leur valeur ajoutée par rapport à un robot".

"Quand vous recrutez vos personnels, est-ce que vous vous posez la question en termes de valeur ajoutée, ou en termes de diplômes et de savoir-faire ?", a-t-il interrogé.

"Si vous vous posez simplement la question du savoir-faire, ce sera facilement remplaçable par un robot [...]. Si vous vous posez la question en termes de savoir-être, ce petit plus que vos équipes vont amener aux personnes ne pourra pas être remplacé par un robot", a-t-il conclu.

Définir les usages

Jean-Marc Blanc réagissait ainsi au témoignage de la secrétaire générale du groupe d'Ehpad et de services d'aide et de soins à domicile MBV, Marie-Cécile Bridier, qui a raconté les joies et les déboires des Ehpad du groupe en la matière.

Elle a ainsi détaillé l'utilisation de trois robots testés dans les établissements MBV, Zora, un petit robot "vivantoïde" qu'elle a qualifié de "poupée parlante et chantante", Kompaï, un robot agrémenté d'une tablette, et Buddy, un "tout petit robot sur roulettes", plutôt un robot compagnon.

Sauf que Buddy, "cela fait trois ans qu'on l'attend !", a-t-elle soupiré. "Mais début juillet, on devrait enfin avoir une démonstration", a-t-elle espéré, précisant que vu son prix (moins de 1.000 euros), le groupe de protection sociale AG2R La Mondiale, qui finance la totalité des robots de MBV, en avait commandé cinq ou six.

Huit ateliers ont été organisés, sur huit semaines. Les données sont en cours d'analyse. Mais déjà, "Zora a un petit accent belge, donc parfois ce n'est pas facile pour les résidents. Et parfois, il se met à parler en néerlandais ! Il n'est pas encore au point", a-t-elle regretté. Mais elle a aussi souligné l'intérêt remarqué chez de nombreux résidents.

Quant à Kompaï, "il fait des choses, mais [comme Zora], est-ce utile d'avoir un robot pour ça ?", a-t-elle avancé, citant le fait que Kompaï "pouvait faire des jeux, passer des photos, des films, de la musique" et grâce à une barre installée autour de son corps, être "utilisé pour de la rééducation à la marche", a-t-elle décrit, soulignant aussitôt que "le bras du kiné peut suffire...", sachant qu'en plus, Kompaï "coûte deux fois plus cher" que Zora.

Le robot surveillant

Mais le groupe MBV a fait le choix, là, de voir ce que Kompaï pouvait apporter aux salariés. L'équipe de l'Ehpad testeur "a imaginé deux scénarios", a-t-elle rapporté, le premier étant "la visite", où "le robot va dans chaque chambre, annonce le programme, incite les résidents à venir déjeuner, etc.", dans l'objectif "de faire gagner du temps aux soignants".

Le second scénario vise à "utiliser le robot comme surveillant de nuit, sachant qu'il a une caméra, des capteurs [pour détecter des obstacles], peut prendre une photo et l'envoyer sur un portable", celui des aides-soignantes de nuit qui peuvent ainsi être alertées en cas de problème.

"Nous essayons de mettre au point ces deux scénarios, mais c'est long; il faut faire les développements, ce n'est pas encore très robuste -un jour, cela marche, le lendemain cela ne marche pas... Cela demande beaucoup de temps et d'énergie à notre équipe, qui fait ça en plus" de son travail, a-t-elle reconnu.

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