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S'alimenter sainement, un défi pour les professionnels travaillant la nuit

PARIS, 4 mars 2015 (Direct Hôpital) – Travailler de nuit ou en horaires décalés s'accompagne souvent de mauvais habitudes alimentaires. Quelques conseils pour retrouver une alimentation plus équilibrée.

Plusieurs métiers de la santé font partie des familles professionnelles regroupant le plus de salariés travaillant la nuit, selon une étude publiée en août 2014 par la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Sur l'année 2012, elle comptabilise 202.000 sages-femmes et infirmiers dans ce cas (42% de la profession), 151.000 aides-soignants (25%) et 92.000 médecins et assimilés (44%).
 
"Le travail de nuit a une influence certaine (…). L'impact sur la santé est indéniable : troubles du sommeil, palpitations, troubles alimentaires, troubles de l'humeur et j'en passe", avait réagi sur Infirmiers.com un soignant, en retraite après 15 années de travail de nuit, suite à la publication de l'étude.
 
Le Comité pour le développement durable en santé (C2DS) s'est saisi de cette question et a analysé la façon de s’alimenter des professionnels de santé travaillant de nuit. Ce travail a été réalisé par son groupe de travail Nutrition, composé de six diététiciens et nutritionnistes exerçant en établissement de santé.
 
Ils ont mené en 2010-11 une enquête auprès d’un panel représentatif de 700 professionnels de santé travaillant de nuit, interrogés sur leurs habitudes alimentaires. Les résultats, diffusés en février, montrent que 41% des sondés estiment ne pas avoir une alimentation équilibrée et que la consommation d'excitants (café, thé, sodas) est très répandue. 44 % des personnes interrogées souhaitent avoir des informations complémentaires sur l'alimentation durant la nuit et beaucoup estiment que les plages horaires des prises de repas "sont larges et parfois déstructurées".
 
Le C2DS s'est basé sur ces observations pour formuler une série de recommandations "simples à mettre en place":
1. Veiller à manger de façon aussi diversifiée que si l'on travaillait de jour.
2. Prendre un petit-déjeuner équilibré sans boisson excitante.
3. Privilégier un déjeuner équilibré quand on se lève tard et ne pas céder à la tentation de la collation sucrée.
4. Ponctuer sa journée d'en-cas équilibrés (féculents, protéines, fruits, boissons).
5. Faire un vrai repas la nuit entre 1h et 3h pour éviter le grignotage de sucreries. Privilégier une source de protéines et une boisson chaude non excitante.
6. Bien contrôler son envie de sucre, remplacer par des fruits, laitages, compotes…
7. Boire de l’eau en abondance et préférer les boissons chaudes non excitantes (décaféinés, tisanes). Bannir sodas, caféine et théine après 3h du matin.
8. Dormir au minimum cinq heures d’affilée (cumuler deux à trois cycles de sommeil). Éviter les excitants du corps (boissons excitantes, cigarettes, alcool) et de l’esprit (jeux vidéo, Internet) au moins deux heures avant le coucher. Préférer une douche froide à une douche chaude (le froid endort et non l’inverse).
9. Marcher régulièrement et à pas rapides afin de changer le rythme cardiaque. Ne pas confondre le piétinement effectué sur le lieu de travail avec une marche sportive à l’air libre. Une moyenne de 10.000 pas (soit 30 minutes de marche) par jour est salutaire. 
 

Des difficultés aussi pendant la journée

 
Si l'organisation du travail la nuit permet difficilement d'avoir une alimentation de qualité, la situation n'est pas forcément meilleure en journée.
 
Cinq étudiants cadres de l'institut de formation de cadres de santé (IFCS) du Bois-Larris, à Lamorlaye (Oise), ont mené une enquête sur l'alimentation des soignants au sein de neuf unités de soins d'un centre hospitalier de la région parisienne.
 
116 personnes ont été interrogées (cadres de santé, infirmiers, aides-soignants). La quasi-totalité des sondés (93,1%) ont indiqué être interrompus pendant leur pause repas. Or, "les interruptions fréquentes lors des pauses repas sont susceptibles d'être la cause de grignotage", écrivent-t-ils.
 
La durée moyenne du déjeuner, repas le plus pris à l'hôpital (90,9% des sondés) est de 20 à 30 minutes. Seuls 6% des professionnels prennent plus de 30 minutes pour leur pause déjeuner, dont 20% des cadres de santé. 53,1% des personnes interrogées ne pensent pas avoir une alimentation équilibrée et 58,8% font part d'une variation de leur poids depuis le début de leur exercice en milieu hospitalier. 
 
Les étudiants proposent plusieurs axes d'amélioration, comme un meilleur partenariat pluridisciplinaire (médecin du travail, diététicien, restauration), l'installation de fontaines à eau ou la proposition de menus à prix coûtant. L'organisation du travail devrait aussi permettre aux professionnels de s'aménager "un réel moment de détente" au moment du repas, qui permettrait "de diminuer le stress et favoriserait la prise de recul pour une meilleure prise en charge des patients".
 
mb/san/

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