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Smartphones sur les lieux de soins : une expérience algérienne

PARIS, 18 décembre 2013 (Direct Hôpital) – La présence de téléphones portables à l'hôpital s'est généralisée dans certains services de soins, malgré le risque infectieux. Le CHU de Sétif (Algérie), confronté au problème, a tenté de faire d'un mal un bien en évaluant leur intérêt dans l'auto-évaluation des pratiques de soins.

Le smartphone est partout. "Depuis deux ans, c'est le seul élément que le personnel porte tout le temps, plus que son stylo, ses lunettes ou sa blouse", a témoigné le Dr Hichem Choutri, chirurgien pédiatre au CHU Sâadna Mohamed Abdenour de Sétif (Algérie), lors des Journées internationales de la qualité hospitalière en santé, fin novembre à Paris.
 
Or, le smartphone est un vecteur d'infections avéré. Une étude britannique de 2011 avait trouvé des traces du bacille E.Coli sur 16% des téléphones analysés. Une autre étude, menée dans un hôpital turc, avait montré que 85% des téléphones portables d'une équipe soignante étaient porteurs de gènes, en particulier issus de la sphère ORL. Et en Ouganda, un homme a contracté le virus ebola après avoir volé un téléphone dans un service de réanimation...
 
Sur la question des smartphones et de l'hygiène dans les hôpitaux, "il n'y a aucune règle", déplore le Dr Choutri. Il estime que les établissements doivent mener une double réflexion. La première concerne la mise en place de normes anti-bactériennes. Dans l'attente d'appareils anti-bactériens, il est important de régulièrement désinfecter les téléphones. 
 
La seconde concerne le statut accordé aux téléphones. "Sont-ils à considérer comme des effets personnels - comme une montre ou une bague - ou comme des objets professionnels qu'il faut normaliser ?", s'interroge le Dr Choutri.
 

La vidéo comme miroir pour les soignants

 
Cette utilisation professionnelle des smartphones peut prendre des formes innovantes. L'hôpital algérien, après avoir constaté un décalage entre les connaissances théoriques et les pratiques de soins, a par exemple estimé qu'ils pourraient être un outil efficace d'auto-évaluation.
 
"L'auto-évaluation théorique seule ne permet pas une évaluation de tous les aspects de la pratique de soins, notamment sur le volet relationnel avec le malade", a expliqué Salaheddine Arif, cadre de santé au CHU.
 
L'utilisation du smartphone pour réaliser un "feedback vidéo" ou "vidéo-miroir" a été perçue comme une méthode pertinente et rapide d'auto-évaluation des pratiques complexes, dans les cas où des dysfonctionnements ont été relevés.
 
Les soignants volontaires sont filmés par le cadre de santé durant leurs soins. Ils sont ensuite invités, avant d'avoir vu la vidéo, à évaluer leur prestation et à se donner une note sur 20. Après projection de la vidéo, une deuxième évaluation leur est demandée. Surprise : "les soignants revoient leur jugement et se donnent parfois des notes en-dessous de la moyenne. Ils se voient moins bons que ce qu'ils pensaient", observe Salaheddine Arif.
 
Mis en face de leurs propres erreurs, certains changent leurs pratiques et prennent le temps nécessaire pour chaque soin, tout en respectant les normes d'hygiène et de sécurité. Autre atout de cette prise de conscience individuelle : les conflits sont plus facilement évités que lorsque les critiques viennent d'un supérieur ou d'un collègue. /mb
 

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