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Stérilisation : un "Crex" renforce la sécurité

REIMS, 28 avril 2014 (Direct Hôpital) - La mise en place d'un comité de retour d'expérience (Crex) en stérilisation renforce la qualité des soins, selon l'expérience du centre hospitalier de Bourg-Saint-Maurice (Savoie).

Issus de l'aéronautique, les Crex se sont surtout développés en radiothérapie dans le secteur de la santé, à la suite de l'accident d'Epinal. Ils constituent une démarche organisée, systématique, travaillant à partir d'un recueil de signaux précurseurs pour mieux prévenir les risques. La démarche s'appuie sur l'idée qu'un accident résulte toujours d'un enchaînement d'événements et que des signaux précurseurs existaient mais que personne n'y avait prêté attention, rappelle-t-on.
 
L'expérience rapportée par Magali Ferro du CH de Bourg-Saint-Maurice, lors des Journées nationales d'études sur la stérilisation dans les établissements de santé organisées à Reims par le Centre d'études et de formation hospitalières (CEFH), montre l'intérêt pour cette approche. Elle avait d'ailleurs reçu le prix CEFH en 2013.
 
Un Crex a été mis en place dans cet établissement situé au milieu des stations de ski comptant 80 lits de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) et 70 lits d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Il est partagé entre la stérilisation et les blocs opératoires, avec des agents de chaque structure. Le Crex repose sur une équipe pluriprofessionnelle volontaire avec aussi un pharmacien, un cadre de santé et un gestionnaire des risques.
 
La démarche a été mise en oeuvre pour améliorer le fonctionnement de l'organisation, a indiqué Magali Ferro, pharmacien.
 
"Il a d'abord fallu changer la culture déclarative et en faire une contribution positive et non pas une dénonciation", a-t-elle expliqué. La démarche a commencé par de la formation et par la signature d'une charte de non-punition par la direction.
 
La méthode d'analyse retenue pour gérer tous ces événements déclarés a été la méthode Orion qui consiste à faire une description des faits par rapport à un événement et à analyser les causes d'écart. Elle comprend six étapes: la collecte d'informations, la reconstitution et le choix de l'événement, l'identification des causes, l'identification des écarts, la proposition d'actions correctives et la rédaction.
 
Une feuille d'événements indésirables commune a été créée pour permettre les déclarations. Les séances de Crex sont mensuelles et se déroulent en trois temps avec en premier lieu la présentation des déclarations et le choix d'un événement à analyser avec désignation d'un agent pilote, puis vient l'analyse de l'événement choisi lors de la séance précédente et enfin un bilan des actions correctrices déjà proposées.
 
Pendant la première année, 130 événements ont été recensés et sept séances de Crex se sont tenues. S'agissant des actions correctives décidées, 70% ont été réalisées, 13% sont en cours de réalisation et 17% restent à engager.
 
"Le Crex renforce la sécurité des soins. Pour le mettre en place, il est important de promouvoir la culture déclarative", a commenté Magali Ferro en soulignant l'importance de cette démarche pour le personnel qui devient davantage acteur de la sécurité des soins.
 
"Il faut vraiment entrer dans cette nouvelle culture des Crex (...) Et ce d'autant plus que les agences régionales de santé (ARS) ont mis en place une incitation financière à entrer dans la démarche de Crex, avec 300 euros par Crex réalisé dans les établissements de santé", a abondé Dominique Thiveaud, pharmacien au CHU de Toulouse et président du comité scientifique des journées. /sl

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