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Des puces RFID pour sécuriser le circuit des chimiothérapies

L'hôpital René-Huguenin de l'Institut Curie à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) va expérimenter les puces RFID pour sécuriser le circuit des chimiothérapies, a-t-on appris lors des Rencontres de la cancérologie française (RCFr), mercredi 14 décembre à Paris.

L'établissement réalise 120 préparations de chimiothérapies par jour. L'activité est en progression de 10% par an. Le circuit des chimiothérapies est un circuit complexe transversal qui fait intervenir de nombreuses étapes et de nombreux acteurs et véhiculant un flux d'informations et de produits important, a expliqué Marion Lafay, pharmacienne à l'hôpital René-Huguenin, lors d'un atelier sur la lutte contre les risques iatrogéniques.

"Par exemple, nous avons constaté que 40% des appels passés à notre unité de préparation concernent l'attente des produits", a-t-elle cité.

Un circuit à risque

Malgré la vigilance de chacun, c'est un circuit à risque. Il existe deux types d'erreurs potentielles: l'acheminement vers le mauvais service de soins qui génère de la désorganisation et des coûts si le produit de durée de vie limitée ne peut être administré, et des erreurs plus graves avec l'administration d'une chimiothérapie au mauvais patient.

Il est essentiel de pouvoir respecter la "règle des cinq B": le bon médicament, à la bonne dose, par la bonne voie, au bon moment et au bon patient, a rappelé la pharmacienne.

Traçabilité via une puce

Afin de répondre à cette progression constante d'activité tout en assurant la sécurité requise, un projet utilisant les puces RFID (technologie d'identification par radiofréquence) pour assurer la traçabilité des chimiothérapies a été développé selon un partenariat avec la société Biolog-ID qui avait déjà créé une solution pour la traçabilité des poches de sang.

Au moment de la préparation des chimiothérapies, une puce C-log* est apposée et l'information concernant la composition et la fabrication, la date de péremption, le nom du patient et son service est encodée dessus, puis des informations sont ajoutées tout au long du circuit jusqu'à l'administration. Chaque intervention d'un acteur est tracée.

Le contenu de la puce est interfacé avec le logiciel métier Chimio*. Cela permet de réattribuer une préparation qui n'aurait pas été administrée.

Pas d'étapes supplémentaires

La solution comprend trois modules: un module pharmacie, un module pour le transport et un module salle de soins (avec les informations de conservation -frigo ou pas- et d'administration)

Grâce à des lecteurs positionnés sur le circuit, le brancardier qui transporte la préparation scanne la puce en sortant de la pharmacie puis à l'entrée du service de soins. En salle de soins, des lecteurs mobiles ont été fournis pour pouvoir tracer l'administration de la chimiothérapie au bon patient (on scanne aussi le bracelet d'identification du patient). L'équipe dispose aussi d'un tableau de bord sur lequel elle peut suivre l'avancement de la fabrication (ce qui évite d'avoir à appeler l'unité).

"C'est une solution simple, adaptée à notre pratique courante qui n'ajoute pas d'étapes supplémentaires", a commenté Marion Lafay.

Début dès janvier 2017

"On va commencer en production début janvier 2017 avec un service pilote pendant deux ou trois mois puis on étendra à d'autres services", a-t-elle indiqué.

Il reste un développement à faire pour que l'administration au patient soit connectée au logiciel métier.

Une évaluation va être menée avec une étude pharmaco-économique pour chiffrer les économies et les coûts. Différents indicateurs ont été mesurés avant comme les erreurs d'acheminement, le nombre d'appels des services, les préparations réattribuées. Ils seront re-mesurés après.

"Nous espérons réduire le nombre d'appels, le nombre d'interruptions de tâches que cela entraîne et qui sont un facteur de risque, et le nombre d'erreurs d'administration", a-t-elle expliqué. "Avec des informations plus précises, nous espérons aussi fluidifier le circuit", a conclu Marion Lafay.

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