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Biodéchets: le CH d'Ambert continue de faire modèle

Les poubelles des chariots en sortie de chambre ont été redimensionnées
Les poubelles des chariots en sortie de chambre ont été redimensionnées

Engagé depuis deux ans dans le tri et le compostage de ses biodéchets, le centre hospitalier (CH) d'Ambert (Puy-de-Dôme) accueille des visiteurs de toute la France pour faire découvrir son modèle et les techniques utilisées pour un des plus gros composteurs manuels en France.

L'opération lancée sur le CH d'Ambert, fin 2013, est un dispositif - OrganiCité* -, créé par le Valtom 63 (syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers et assimilés du Puy-de-Dôme) pour accompagner communes et communautés de communes dans la gestion des biodéchets par la lutte contre le gaspillage alimentaire, le compostage et les pratiques de jardinage naturel.

Dès le départ, la communauté de communes du Pays d'Ambert et le syndicat d'ordures ménagères (Sivom) ont accepté de s'investir techniquement et financièrement sur le projet.

Diagnostic: 25 tonnes/an de moins à incinérer

Le périmètre du projet comprend le centre hospitalier lui-même et ses deux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), soit à peu près 740 repas/jours produits à l'hôpital (les Ehpad sont en livraison chaude).

Le diagnostic a évalué à 25 tonnes/an le volume de biodéchets pouvant être retirés du circuit des ordures ménagères. "Pour établir le diagnostic exact et affiner l'organisation, nous avons mis en place une période de test de 15 jours avec pesées sur une quinzaine de points de collecte", explique Soledad Léonard, chargée de projet au Valtom pour l'opération OrganiCité*.

"Cette période de test a été essentielle pour réajuster l'organisation et pour mener les actions de sensibilisation auprès des services", précise Marie Chizelle, technicienne au Sivom d'Ambert qui a suivi le projet du CH depuis le départ.

"Pour la pesée, nous n'avons pris en compte que le repas du midi et du soir. Chaque service était équipé de deux seaux et devait les ramener à un point de collecte. En fait, on s'est rapidement rendu compte que ce n'était pas gérable pour le personnel en charge du compostage qui devait vider et nettoyer à l'eau froide une trentaine de seaux. Alors, on a mis en place au point de collecte des poubelles de 60 litres, avec double fond à mi-hauteur. Chaque service vient vider son seau et le remonte pour un lavage minute au lave-vaisselle. Pour l'agent en charge des espaces verts, le travail devient acceptable et pour les services, le travail supplémentaire n'est pas trop contraignant", témoigne Marie Chizelle.

Sensibilisation: un travail de fond qui a porté ses fruits

Une affiche incite le personnel à faire un pré-tri dans leurs plateaux repas
"Cela fait 10 ans que je travaille avec cet établissement de santé sur la sensibilisation au tri des déchets via des réunions avec le personnel, des campagnes d'affichage, etc. Aussi, cette démarche plus poussée sur les biodéchets était une continuation du travail déjà effectué ", explique Marie Chizelle.

"Nous avons repris les principes appliqués pour d'autres opérations: rencontrer tout le monde pour connaître leurs inquiétudes et leurs propositions, prendre le temps pour bien expliquer les enjeux et ce qu'il faut trier", poursuit-elle. "La période de test qui s'est déroulée en février 2014 a permis d'installer de nouveaux gestes de tri et les poubelles des chariots en sortie de chambre ont été redimensionnées grâce aux retours du personnel". En effet, avec le compostage, la poubelle destinée aux ordures ménagères n'accueille plus que les emballages qui représentent la portion congrue des restes de plateaux.

Le tri s'effectue aussi au niveau du self: en cuisine lors de la préparation et ensuite dans les plateaux du personnel. "Le personnel a été sensibilisé au tri et la plupart s'efforce à présent de faire un pré-tri dans leur plateau".

L'accompagnement de proximité, une nécessité

Dans le cadre d'OrganiCité*, la communauté de communes d'Ambert a bénéficié de l'accompagnement pendant deux ans d'un bureau d'études pour le diagnostic du gisement, la définition des actions possibles et leur mise en place, etc. Et pour être efficace, un relais local était nécessaire. C'est là qu'est intervenu le Sivom d'Ambert. "Le Sivom peut intervenir rapidement en cas de problème, tant au niveau de la collecte que du compostage et il connaît déjà bien Marie Chizelle, ce qui a permis de trouver facilement des solutions ", insiste Soledad Léonard.

Le pari du compostage manuel

Le CH d'Ambert accueille régulièrement des visiteurs intéressés par son installation
Avec 25 tonnes de déchets à composter par an, c'est la limite pour assurer un compostage manuel. Un défi réussi au CH d'Ambert grâce à "un investissement fort de la part des personnes en charge du compostage, un accompagnement de proximité, un accueil favorable de la part du personnel hospitalier", explique Sylvain Pinet, responsable des jardins et des déchets de l'hôpital qui supervise l'opération compostage. "Nous sommes fiers d'avoir réussi ce pari. D'autant que l'installation, originale, attire de nombreux visiteurs de toute la France voulant s'inspirer de notre modèle et de son composteur".

L'unité de compostage est aujourd'hui installée à proximité d'un des Ehpad, à côté du Sivom d'Ambert, sur une zone relativement éloignée des bâtiments et disposant d'une place suffisante pour stocker les broyats et le compost. Elle est composée de deux cellules de 10 m3.

Un entretien régulier, clé de la réussite

La formation au compostage a été assurée par le bureau d'étude avec un suivi rapproché toute les semaines au début. Cette aide technique a surtout été utile pour respecter l'équilibre entre quantité d'eau, déchets cuits / secs. En effet, "lorsque l'on composte de grande quantités, surtout avec des déchets cuits comme de la purée, qui se compacte facilement, il faut absolument ajouter de gros éléments secs", explique Sylvain Pinet.

Le Sivom d'Ambert assure l'approvisionnement en matière sèche, en l'occurrence, du broyat de branches. "Nous récupérons le broyat lors de nos campagnes de broyage en déchetterie, ou auprès du conseil départemental ou des collectivités lors de l'entretien des routes", précise Marie Chizelle.

Réussir le compostage nécessite un travail quotidien
Le bureau d'étude accompagne la démarche en réalisant un suivi tous les trois mois. Mais c'est Sylvain Pinet, référent du site, qui assure à présent ce suivi. "Aujourd'hui, nous pouvons dire que le procédé est à peu près rôdé", précise-t-il. "Mais il faut savoir que cela nécessite un entretien quotidien et régulier". Au CH d'Ambert, la personne en charge des espaces verts y consacre 2 heures par jour. "Cela a complété le temps de travail d'un contrat aidé et du coup, il y a maintenant trois personnes qui alternent au lieu d'une pour les espaces verts".

De l'utilité du compost

"A ce jour la législation n'autorise pas à vendre un compost non normé. Un coût bien trop important pour être envisagé. Aussi, le compost fabriqué est utilisé sur place, pour l'entretien des jardins extérieurs ou pour les jardins thérapeutiques des Ehpad", explique Marie Chizelle. "Nous attendons que la réglementation évolue, notamment pour fournir du compost à la commune par exemple". Pour l'instant, précise Sylvain Pinet, "nous produisons à peu près 15 m3 de compost en six mois et nous utilisons tout pour le paillage, le fleurissement, etc.."

D'un point de vue financier, l'affaire semble rentable. En effet, "le calcul de la redevance spéciale sur les ordures ménagères (OM) se fait en fonction du volume et du nombre de poubelles. En compostant, on diminue de manière notable la facture ! En outre, au niveau local, le centre d'enfouissement a été fermé et désormais les déchets ménagers doivent aller jusqu'à Clermont-Ferrand, ce qui accroît encore les coûts de traitements des OM", explique Marie Chizelle.

Travail sur le gaspillage alimentaire
En parallèle du travail sur la partie aval des biodéchets, le CH et les Ehpad du territoire du Sivom d'Ambert ont travaillé sur le gaspillage alimentaire. Ainsi, en amont de l'opération compostage, l'hôpital avait réduit la taille des cuillères de services. Cela a généré 70.000 € d'économie sur un budget d'un million d'euros. Cet argent a été réinvesti pour acheter des produits plus qualitatifs.
Par ailleurs, la démarche initiée au CH d'Ambert a servi de modèle pour plusieurs autres établissements du territoire (voir ce document). Ainsi, le Sivom d'Ambert a accompagné quatre autres Ehpad et deux Esat (établissements et services d'aide par le travail). Plusieurs aspects ont été travaillés dont un volet nutrition, avec formation pour tout le personnel de cuisine, des espaces verts et des services, accompagné d'un travail sur les proportions, la qualité et l'ergonomie des plats selon les âges.

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