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"Succès sans précédent" pour l'AMI de l'AP-HP et du CHU de Nantes sur l'hôpital numérique

PARIS, 2 novembre 2017 (TecHopital) - Le directeur du pilotage de la transformation de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), Etienne Grass, a détaillé quelques technologies et projets présentés pour l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) de l'AP-HP et du CHU de Nantes sur "l'hôpital numérique de demain", clôturé le 13 octobre dernier.

L'AMI lancé du 21 juin au 13 octobre par l'AP-HP et le CHU de Nantes visait à recueillir des contributions d'entreprises pour "co-créer" des innovations technologiques et organisationnelles à mettre en place dans trois projets hospitalo-universitaires (campus Grand Paris-Nord, le Nouveau Lariboisière et le nouveau CHU de Nantes).

L'AP-HP a souligné dans un communiqué de presse diffusé le 25 octobre le "succès sans précédent" de cet appel qui a suscité le dépôt de 388 projets portés par 242 contributeurs d'une dizaine de pays (France, Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Suisse).

L'AP-HP ajoute que "70% des contributeurs sont des start-up ou petites et moyennes entreprises" et que "les grandes entreprises représentent un peu plus d'un quart (26%) des contributeurs".

Contacté par TICsanté, Etienne Grass a confirmé le succès de la démarche. "Nous avons triplé le nombre de contributions reçues par rapport à l'appel à manifestation d'intérêt sur les infrastructures de transport du Grand Paris qui nous a servi d'inspiration", a-t-il souligné, soulignant "le capital considérable" que représentent ces contributions.

Sur les cinq thématiques de l'AMI, "nous avons reçu beaucoup de projets sur les technologies dites de 'révolution du patient'", a-t-il poursuivi.

Il a cité l'exemple d'un projet d'une grande entreprise portant sur le développement d'un agent conversationnel, ou chatbot, pour recueillir les attentes et les besoins du patient avant une consultation

Une infirmière anesthésiste a pour sa part déposé un projet d'application mobile pour accompagner les patients dans la récupération rapide après chirurgie.

Etienne Grass a aussi pointé le "nombre important" de projets faisant appel à l'intelligence artificielle (IA). Plusieurs entreprises ont ainsi proposé "des algorithmes d'IA pour aider à mieux renseigner les dossiers médicaux à des fins de codage", a-t-il cité à titre d'exemple.

Une autre contribution porte sur le dépistage du cancer du sein à partir d'une lecture automatisée d'imagerie médicale réalisée grâce des réseaux de neurones artificiels, a-t-il indiqué.

La gestion des données, leur collecte, et leur intégration et des systèmes d'analyse et de traitement a également fait l'objet d'"énormément de réponses" des industriels. Etienne Grass a mentionné un projet de "cockpit opérationnel" qui centralise l'ensemble des informations de flux quotidien dans l'hôpital, qu'il s'agisse des infrastructures, du bâtiment, de l'énergie, ou des parcours des patients dans l'établissement qui font face à des "problèmes d'orientation récurrents".

Le directeur du pilotage de la transformation de l'AP-HP a expliqué "beaucoup compter sur les technologies de sécurisation des données comme la blockchain ou le cryptage endomorphique", sur lesquels il a "clairement encouragé" les entreprises à présenter des projets.

D'autres contributions portent plus spécifiquement sur la facilitation des échanges entre professionnels de santé, à l'instar d'un dossier visant à remplacer les DECT (Digital Enhanced Cordless Telecommunications) des hospitaliers par des smartphones, et à mettre en place un "outil de développement d'applications pour les interactions entre les professionnels et l'hôpital".

Des projets de robotisation des blocs opératoires et de suivi en 3D des opérations pour la chirurgie de précision ont aussi été soumis à l'AP-HP et au CHU de Nantes.

Des innovations sur le modèle économique

"Au-delà des technologies, un aspect important de l'AMI sur lequel nous avons beaucoup insisté est la recherche d'innovations en termes de modèle économique", a mis en avant Etienne Grass.

"La loi nous donne maintenant la possibilité de créer des filiales de valorisation et nos grands projets récents nous font penser qu'il y a un intérêt à trouver une situation où l'on peut partager la valeur créée avec les entreprises", a-t-il développé.

Il a cité l'exemple des algorithmes, pour lesquels "on peut imaginer demander des royalties sur leur utilisation car on considère que la technologie n'existe que parce qu'elle a été entraîné à l'AP-HP ou au CHU de Nantes".

"L'effet taille est un atout considérable pour les entreprises qui veulent créer des technologies à partir des données dont nous disposons", a-t-il noté.

L'AP-HP peut aussi aider les start-up et petites entreprises à lever des fonds en pré-positionnant certains lauréats de l'AMI auprès de capital risqueurs. "A nouveau il y a là un sujet de partage de valeur: si on est porteur d'affaire pour un capital risque, ça paraît normal que le service public s'y retrouve aussi", a expliqué Etienne Grass.

Il a notamment cité le cas de l'entreprise de prise de rendez-vous en ligne Doctolib qui, en remportant un appel d'offre de l'AP-HP, a pu lever des fonds plus facilement auprès de la banque publique d'investissement (Bpifrance).

Entre 5 et 10 lauréats envisagés

Etant donné l'ampleur des contributions à l'AMI lancé par l'AP-HP et le CHU de Nantes, Etienne Grass a expliqué viser "entre 5 et 10 lauréats".

Le jury de l'AMI, présidé par le Pr Rémy Nizard, président de la commission médicale de l'hôpital Lariboisière, doit se réunir le mercredi 15 novembre pour examiner les contributions. Les lauréats seront présentés lors d'une cérémonie de remise de prix le jeudi 7 décembre.

Les entreprises qui ne seront pas récompensées pourront poursuivre les discussions avec les équipes de l'AP-HP et du CHU de Nantes.

Etienne Grass réfléchit notamment à organiser "un cycle de séminaires thématiques" autour des grandes technologies qui se dégagent de l'AMI, comme l'IA ou la blockchain, et à y inviter des industriels et des financeurs pour qu'ils rencontrent les équipes médicales.

L'AP-HP pense également mettre en place une expérience similaire à l'AMI, cette fois-ci en interne, auprès de ses quelque 760 chefs de service, afin qu'ils expriment leurs besoins en termes de technologies, et fassent connaître des projets qu'ils souhaiteraient voir développer dans leur établissement.

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