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Radioprotection: encore 7 incidents de niveau 2 en 2017 (ASN)

MONTROUGE (Hauts-de-Seine), 31 janvier 2018 (TecHopital) - Alors que l'on dénombre encore 7 incidents de niveau 2 en 2017 concernant des patients et des praticiens interventionnels, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a estimé le 29 janvier que la radioprotection dans le domaine médical constituait une "priorité émergente".

S'exprimant à l'occasion des voeux de l'ASN, son président, Pierre-Franck Chevet, a estimé que si, globalement, le "contexte général en matière de sécurité nucléaire" en France était "moins préoccupant" qu'à la fin de 2016, le domaine médical restait un des points de vigilance.

A l'origine de ses préoccupations, il y a le constat que cette année encore il y avait eu des incidents de niveau 2, avec "potentiellement un impact sur la santé des personnes concernées". Sept incidents ont été répertoriés, a indiqué l'ASN à APMnews. Ces incidents étaient au nombre de neuf en 2015 et de cinq en 2016, rappelle-t-on.

"C'est un chiffre relativement stable mais dont on ne peut pas se contenter", a déclaré le président.

Il a notamment insisté sur les incidents liés aux interventions radioguidées, qu'il considère comme un enjeu "montant". Il a rappelé que le personnel médical pouvait être amené, lors de ces interventions, à "prendre des doses" quand il réalise des gestes médicaux. "Quand ce n'est pas bien maîtrisé, on obtient des doses tout à fait significatives", a-t-il déploré.

Interrogé par APMnews, le commissaire de l'ASN Philippe Chaumet-Riffaud a détaillé la nature de ces incidents. Dans les 3 cas recensés, il s'agissait de personnel soignant ayant "pris des doses aux extrémités qui dépassaient les limites", soit "plus de 500 millisieverts".

"Il s'agit vraisemblablement d'expositions des mains dans le faisceau primaire", a-t-il précisé. "Normalement, ces doses ne devraient pas entraîner d'effet déterministe, mais pour nous c'est un signal d'alarme."

Sans remettre en cause le "clair bénéfice pour les patients" de ce type d'interventions, Philippe Chaumet-Riffaud a déploré une méconnaissance du matériel et des règles de radioprotection spécifiques de la part de certains praticiens, les amenant à s'exposer inutilement. "Il y a aussi à travailler sur la perception du risque, qui n'est peut-être pas la même pour tout le monde", a-t-il ajouté.

Pour le commissaire, il est important que les praticiens connaissent leurs dispositifs, qu'ils sachent identifier les phases -afin d'éviter entre autres de mettre les mains dans le faisceau primaire-, qu'ils planifient leurs actes et qu'ils fassent appel à un physicien médical au sujet notamment de la protection physique.

Lors des inspections des établissements, l'ASN "insiste sur le respect du port des dosimètres", qu'ils soient classiques ou spécifiques comme ceux existant pour les extrémités et le cristallin, a noté Philippe Chaumet-Riffaud.

Par ailleurs, parmi les incidents de niveau 2 recensés en 2017, 4 sont survenus en radiothérapie (radiothérapie externe et curiethérapie) et ont donc concerné des patients. "On considère que c'est encore trop, car presque tous ces évènements étaient évitables", a commenté le commissaire, pointant des problèmes de surdosage, d'erreurs lors des "recoupes de traitement" et d'erreurs de transcription manuelle.

Une formation désormais plus poussée

Considérant que ces incidents découlent notamment d'un "problème d'éducation et de formation du personnel à la radioprotection", le commissaire espère que les changements mis en place dans la formation des médecins permettront de faire évoluer les pratiques.

La réforme du 3e cycle des études de médecine, qui s’applique depuis le 1er novembre 2017, donne en effet "une place beaucoup plus importante" à la radioprotection.

Un dispositif de formation en 3 niveaux a notamment été proposé:

  • un module pour tous les étudiants en première année d'internat, quelle que soit leur spécialité, afin de les sensibiliser à la justification des examens d'imagerie qu'ils seront amenés à demander, et donc au rapport bénéfice/risque d'un acte
  • une formation complémentaire pour les spécialistes (urologues, neurologues...) réalisant des actes radioguidés, dans un but d'optimisation des doses administrées
  • une formation à la neuroprotection à un niveau expert pour les disciplines dont c'est le corps de métier (radiologie, médecine nucléaire et radiothérapie oncologique), tout au long du diplôme d'études spécialisées (DES).

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