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Blanchisserie: l'origine des textiles influe sur le montant des taxes "eaux usées"

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 21 janvier 2018 (TecHopital) - Alors que l'origine des textiles semble avoir un impact direct sur les concentrations en polluants des eaux usées rejetées par les blanchisseries hospitalières, l'achat de textiles français répondant aux normes environnementales européennes permet de polluer moins et au final de payer moins de taxes, affirme Jérémy Bucia, directeur de la blanchisserie de Saint-Etienne et acheteur national "textiles" pour le réseau coopératif d’achats hospitaliers (UniHA).

Les blanchisseries hospitalières lavent des draps et des vêtements issus de textiles souvent fabriqués à l'étranger car ils coûtent moins cher. Des textiles qui proviennent d'Asie (Bangladesh, Pakistan, Chine) ou du Maghreb. Or, "ces pays ont des réglementations environnementales moins contraignantes qu'en Europe et utilisent plus de substances polluantes pour la fabrication des textiles, et notamment des draps", a expliqué à TecHopital le responsable de la blanchisserie de Saint-Etienne.

"Les toxiques se trouvent dans l'apprêt utilisé pour le tissage des linges. Ils emploient en effet des apprêts chimiques pouvant être irritants, allergènes, toxiques, voire cancérigènes": des hydrocarbures, des pesticides, des nonylphénols, des métaux lourds (zinc, plomb, cadmium), des composés organiques volatils (COV), etc. Par exemple, "les hydrocarbures servent à confectionner les draps" (cf brève TecHopital du 12/12/2018).

Or, ces molécules ne disparaissent pas forcément au premier lavage mais peuvent être relarguées au bout de 15-20 lavages. "C'est à ce moment-là qu'on les retrouve dans les eaux usées", a-t-il détaillé.

Avec la mise en place de groupements de coopération sanitaire (GCS), la tendance est à la constitution de grosses unités qui doivent respecter la réglementation en matière d'installations classées pour l'environnement (ICPE) et notamment le décret du 24 août 2017 sur les rejets de substances dangereuses dans l'eau (RSDE). Ces rejets sont liés à la production de la blanchisserie. Les eaux de rejet des blanchisseries doivent donc être régulièrement contrôlées (prélèvements trimestriels) par les directions régionales de l'environnement (Dreal).

En fonction des concentrations détectées dans les eaux, le montant des taxes varie, mais également en fonction des agences de l'eau dont ils dépendent, certaines agences de bassin sont plus contraignantes que d'autres. "Les taxes exigées par l'agence de bassin Rhône-Alpes sont élevées par exemple", a indiqué Jérémy Bucia.

"Les Dreal, les gestionnaires de stations d'épuration peuvent se retourner vers les responsables de blanchisseries lorsqu'elles détectent des polluants dans leur station d'épuration."

Or, depuis janvier 2018, la réglementation européenne prévoit de durcir les critères de rejets des blanchisseries hospitalières ne respectant pas les nouvelles normes de rejets de substances dangereuses dans l'eau, avec un barème de taxes qui vont s'intensifier en 2020.

L'acheteur d'UniHa teste les draps pour savoir s'ils contiennent des polluants. Crédit : TecHopital/Geneviève De Lacour
"Au début, nous avons recherché ces substances dans les franges, dans les tenues neuves. Aujourd'hui, nous savons qu'elles proviennent des draps issus de pays étrangers. C'est pour cela que nous voulons avoir une réflexion sur la provenance des textiles, afin d'être conformes aux normes RSDE."

C'est pourquoi, au sein de l'Union des responsables de blanchisserie hospitalière (URBH), "nous allons lancer un groupe de travail sur le sujet pour sensibiliser les responsables sur la qualité des textiles achetés et l'impact sur le montant de leurs taxes "rejets eaux"".

Des taxes qui peuvent varier du simple au double pour deux établissements traitant le même tonnage. "Payer le textile quelques centimes de plus permet d'avoir un drap de meilleure qualité qui relargue moins de polluants dans l'environnement et qui au final fait payer moins de taxes de pollution", a fait remarquer l'acheteur d'UniHa.

Les draps européens sont plus chers à l'achat mais ont également une durée de vie plus importante. "Ils ne diminuent pas au lavage comme c'est le cas des draps pakistanais qui peuvent rétrécir de 20 à 30 cm. Au final, les aides-soignantes se plaignent car elles n'arrivent plus à border les lits", conclut Jérémy Bucia.

gdl/nc

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