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CHU de la Réunion: pour la première fois, un hôpital climatisé par de l'eau de mer

L'océan Indien à La Réunion. Crédit: Shutterstock
L'océan Indien à La Réunion. Crédit: Shutterstock

SAINT-PIERRE (La Réunion), 22 juillet 2019 (TecHopital) - Le CHU réunionnais a signé le 16 juillet un marché avec le groupe Bardot, spécialiste des énergies thermiques marines renouvelables, pour le développement d'un procédé de climatisation par eau de mer, a expliqué à TecHopital Lionel Calenge, directeur général de l'établissement.

C'est une première mondiale pour un hôpital. Le CHU de La Réunion va expérimenter sur son site de Saint-Pierre un système de climatisation par eau de mer pompée en profondeur, à quelques encablures de l'hôpital.

Le nom de code du procédé est SWAC pour Sea Water Air Conditioning. Il a déjà été mis en place en Polynésie sur différents sites mais jamais pour un hôpital. Il consiste à pomper à 1.000 mètres de profondeur une eau à une température de 5°C. Celle-ci est ensuite transférée vers un échangeur thermique situé entre la mer et le bâtiment à refroidir, échangeur qui permet d'abaisser la température du circuit d'eau douce assurant la climatisation des bâtiments de l'hôpital. "La distance totale entre le bâtiment et le pompage est de 700 mètres seulement", a précisé Lionel Calenge.

Crédit : CHU de la Réunion
A son retour, l'eau de mer qui ressort de l'échangeur thermique et qui est à environ 12°C est renvoyée dans l'océan à une profondeur adéquate à sa température, sans que cela ait un impact sur son environnement.

Le projet aura mis deux ans à se concrétiser, après l'échec d'un premier projet sur le site de Saint-Denis. Il faut dire que "l'hôpital de Saint-Denis est situé à 3-4 km de la mer, et le gradient thermique est moins favorable que sur le site de Saint-Pierre", a précisé le DG. Le site de Saint-Pierre, du fait de sa localisation, est particulièrement adapté à un tel projet pilote. Tout d’abord, proche de la côte, il est très bien situé du point de vue du gradient thermique marin et de la bathymétrie (les grandes profondeurs sont proches de la côte).

Les installations concernées par ce projet sont le pôle femme-mère-enfant (PFME), qui couvre 12.000 m² environ, le bâtiment central et ses extensions (33.000 m²). L’ensemble de ces espaces représente la majorité de la consommation en froid du CHU Sud.

Les besoins sont estimés à 28,7 GWh froid par an sur l'ensemble du périmètre. Etant continus (24h/24, 365 jours sur 365), ces besoins "sont particulièrement adaptés à la technologie SWAC", commente l'établissement dans son communiqué.

L'alimentation en froid par le SWAC permettra également au CHU de réaliser des économies de maintenance sur ses installations frigorifiques actuelles et de supprimer les risques sanitaires induits par ses tours aéro-réfrigérantes.

Le procédé doit réduire de 30% la consommation électrique globale du CHU. "Sur une facture annuelle de 3 millions d'euros, nous économiserons ainsi 850.000 €, ce qui n'est pas négligeable", a poursuivi le DG. De plus, "avec l'augmentation des surfaces du CHU et l'augmentation du prix de l'énergie, nous estimons que les dépenses d'électricité grimperaient de 23% d'ici à 2023, sans le système SWAC".

Un marché d'une quarantaine de millions d'euros

Le marché est estimé à une "quarantaine de millions d'euros". Il est porté par la région, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), EDF, le CHU et le groupe Bardot. "C'est au groupe Bardot de réunir les fonds et notamment le financement de l'Ademe, l'Etat, la région, la Caisse des dépôts et consignation (CDC). Cette phase va durer un an et demi", a décrit Lionel Calenge.

"L'établissement ne dépensera pas un euro dans ce projet", a assuré le DG. "Il achète simplement une consommation de froid. Nous ne prenons aucun risque économique". Il s'engage juridiquement à "consommer 28,7 GWh de froid par an et cela pendant 30 ans".

"Ce projet nous permet d'économiser 7.000 tonnes d'équivalent CO₂ par an, ce qui n'est pas négligeable. Il permet surtout de concilier économie, écologie et développement du territoire", a-t-il conclu.

Le calendrier
  • L'instruction des dossiers de subvention et d'autorisation sera réalisée à partir de juillet 2019, jusqu'à décembre 2020
  • La phase de construction doit s'étaler de 2021 à 2022
  • La mise en service est prévue pour début 2023.
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