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Au bord de la saturation, le CHU de la Guadeloupe déprogramme partiellement son activité chirurgicale

Crédit: Shutterstock
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POINTE-À-PITRE, 15 septembre 2020 (TecHopital) - Les capacités en lits du CHU de la Guadeloupe sont sur le point d'être saturées face à l'afflux de patients Covid-19 et l'établissement a déprogrammé une partie des opérations chirurgicales pour libérer des marges de manœuvre, a alerté son directeur général, Gérard Cotellon.

En Guadeloupe, 55 personnes atteintes de Covid-19 étaient hospitalisées le 10 septembre (toutes au CHU) dont 17 en réanimation, contre 4 patients le 13 août. Le taux d'incidence a atteint 232,7 pour 100.000 habitants pour la période du 31 août au 6 septembre, contre 173,8/100.000 du 24 au 30 août, selon Santé publique France.

Entre le 29 août et le 4 septembre, 841 nouveaux cas de Covid ont été enregistrés (contre 675 du 22 au 28 août), pour un total de 2.287 cas confirmés depuis le début de la crise, a indiqué le 8 septembre dans son bulletin hebdomadaire l'agence régionale de santé (ARS).

"L'afflux de patients suspects ou confirmés ne cesse d'augmenter et aucun signe n'évoque ni un passage à un plateau, ni un pic atteint", a alerté Gérard Cotellon, directeur général du CHU de la Guadeloupe, dans un courrier adressé à l'ARS et à la préfecture de Guadeloupe dont APMnews/TecHopital a eu copie le 11 septembre.

Le service de réanimation du CHU, habituellement doté de 30 lits (22 lits de réanimation et 8 lits de soins continus), "a été contraint [...] de se dédoubler en deux zones", explique-t-il. Outre les patients réanimatoires Covid, il accueillait en début de semaine "19 patients non Covid".

Le service d'accueil des urgences "a été contraint de se dédoubler" entre un secteur Covid et un non Covid, indique par ailleurs Gérard Cotellon.

Fermeture de 3 salles d'opération

Pour faire face à cet afflux, le directeur général du CHU demande notamment l’"octroi de renforts de la réserve sanitaire" pour "armer 8 lits de réanimation supplémentaires dans l'ancien self de l'établissement".

Il émet aussi le souhait, dans son courrier, de l'installation de lits de réanimation non Covid au centre hospitalier (CH) de Basse-Terre, afin de "compenser la perte de capacitaire habituel" en réanimation non Covid, induite par le "passage de 30 à 19 lits de soins critiques soit une perte de 11 lits, obérant très sérieusement la prise en charge de patients graves".

Des "transferts rapides de patients, notamment intubés-ventilés, vers d'autres territoires, Martinique et Hexagone compris", doivent être effectués, poursuit-il.

Le CHU de la Guadeloupe "arrive ainsi au terme de sa capacité de réorganisation interne par ses seuls moyens" et "nous craignons à court terme la saturation de notre système", met en garde son directeur général.

"Les agents ont été rappelés de leurs congés annuels et certains départs en congés reportés", poursuit-il.

L'établissement a d'ores et déjà déprogrammé partiellement ses opérations chirurgicales "en passant de 5 salles opératoires à 2 salles d'anesthésie générale" qui sont "complétées d'une salle pour les opérations plus légères", afin de "redéployer, notamment, des ressources anesthésiques", écrit Gérard Cotellon.

"Ces nouveaux reports d'intervention font légitimement craindre aux chirurgiens une aggravation de l'état de leurs patients en attente", ajoute-t-il. La prise en charge Covid "se fait désormais au détriment de celle des patients non Covid".

Des évacuations sanitaires vers la Martinique

La directrice générale de l'ARS, Valérie Denux, a réagi le 10 septembre au courrier de Gérard Cottelon sur France TV Guadeloupe.

"Le courrier est simplement l'émanation des travaux que l'on mène avec le CHU depuis plusieurs semaines". "J'ai alerté dès juillet, et l'apparition du premier cluster, sur le risque de cette 2e vague et d'engorgement de notre système de santé par des cas graves et hospitalisations", a-t-elle déclaré.

"On travaille sur la montée en puissance de ce système de santé avec les hôpitaux publics et privés." Six niveaux de "montée en puissance" ont été mis en place et "aujourd'hui, le CHU est au niveau 4". Tout est "en place" pour assurer la mise en œuvre de "ces 6 niveaux", a-t-elle assuré.

Le dispositif Orsan pourra être activé en fonction du prochain point de situation épidémique, a-t-elle indiqué. "Le but de ce plan est de bien cadrer le travail commun des établissements de tout le territoire, qu'ils soient privés ou publics, et l'ARS [pourra] à ce moment-là travailler sur la régulation des patients au sein de ces établissements."

Par ailleurs, "les actions" comme les renforts de personnels à travers la réserve sanitaire se poursuivent et vont être augmentées, a souligné Valérie Denux. "Nous avons les structures, le matériel [mais] il nous faut plus de personnels", "c'est ce qui nous pose le plus de difficultés".

Concernant les évacuations sanitaires (Evasan), les patients ayant "besoin d'oxygénation extra-corporelle" sont envoyés vers la Martinique, comme durant la première vague. Un patient de Saint-Martin a d'ailleurs été évacué vers la Martinique "ces derniers jours".

"Nous sommes sans cesse en relation avec la Martinique qui aujourd'hui a une pression épidémique moins forte que nous. Mais si malheureusement à un moment cela s'inversait, nous serions là aussi pour eux", a-t-elle assuré.

"Nous travaillons avec les autorités nationales" sur la possibilité de réaliser des Evasan vers la métropole, a annoncé la directrice générale de l'ARS.

Toutefois, "l'objectif c'est quand même de renforcer au maximum notre territoire et de n'évacuer vers la métropole qu'éventuellement des patients qui devraient être déprogrammés, en particulier sur de la chirurgie, et pour lesquels on ne voudrait pas qu'ils attendent".

"S'il fallait vraiment desserrer la pression en réanimation, [nous pourrions] envoyer vers la métropole des patients de réanimation non Covid, qui sont un peu moins fragiles sur un long trajet", mais "cela se ferait vraiment en dernier recours", a-t-elle ajouté.

syl/gdl/nc

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