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Le CHU de Montpellier met la visualisation de données au service de sa gestion Covid

Crédit : Fotolia
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(Par Léo CARAVAGNA)

MONTPELLIER, 12 novembre 2020 (TecHopital) - Le CHU de Montpellier utilise le logiciel Report Viewer* de l'éditeur SAS pour visualiser des indicateurs épidémiologiques et d'activité liée au Covid-19, et adapter sa gestion de crise sanitaire, ont expliqué Caroline Dunoyer, responsable de l'unité de traitement d'information médicale, et David Morquin, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales et président de la délégation à l’usage clinique du numérique du CHU, à APMnews/TecHopital.

Le CHU a un "partenariat ancien avec SAS pour le traitement de statistiques et la manipulation de données", a indiqué Caroline Dunoyer le 5 novembre.

"Pendant la première vague de l'épidémie, on a utilisé des outils développés en grande partie par nous-mêmes pour fournir à la cellule de crise du CHU des éléments sur l'organisation des services, l'approvisionnement en fournitures, etc. A la fin de la première vague, on a proposé à SAS de transposer ce qu'on avait fait artisanalement dans une nouvelle plateforme", la solution Report Viewer* dont était déjà équipé le CHU.

"Il faut bien comprendre que l'activité va être exponentielle par périodes", a ajouté David Morquin. "C'est ingérable si ce n'est pas anticipé. Anticiper c'est maintenir chaque personne à sa place: médecins, réanimateurs, infirmiers, urgentistes… pour que chacun puisse travailler dans les meilleures conditions."

Pour ce faire, "on utilise tous les indicateurs pertinents selon les questions auxquelles on est confronté. Ces outils sont nécessaires au pilotage car on a besoin d'une adéquation entre les ressources et besoins avec une grande rapidité, dans un contexte où les ressources sont extrêmement peu disponibles", a-t-il complété.

L'aspect visuel est également apprécié, a-t-il ajouté.

Les tableaux de bord permettent notamment de gérer les patients hospitalisés pour Covid et le dépistage réalisé à l'hôpital.

Dans le premier cas, ils permettent de visualiser, entre autres, la pyramide des âges, la répartition dans les services et les types de soins, les patients Covid pris en charge hors de la filière Covid car ils ont des besoins particuliers, etc.

Les entrées, sorties et décès par semaine sont utilisés pour adapter la gestion capacitaire. Les décès et séjours sont également suivis, avec des données fines sur les séjours par âge et par périodes.

Concernant le suivi des tests réalisés au CHU, "il est important de garantir des résultats en temps réel", a indiqué David Morquin. "Les délais de rendus étaient beaucoup trop longs. En réorganisant la filière, on a pu augmenter le nombre de tests tout en maintenant des délais en baisse pour les tests des patients hospitalisés."

Les résultats peuvent également être examinés par âge et par semaine.
Les pharmaciens hospitaliers utilisent les tableaux de bord pour anticiper la demande de produits spécifiques. De même, le service d'hygiène surveille la contamination chez les agents.

Une politique de communication "très volontaire"

"Le CHU a une politique très volontaire de communication", a expliqué Caroline Dunoyer.

"La cellule de crise envoie des communiqués pratiquement tous les jours à tous les agents. Tout le monde a accès aux données sur l'hospitalisation. La cellule de crise, de nombreux personnels administratifs et médicaux peuvent accéder aux tableaux avec différents niveaux de précision", selon leurs besoins.

Le CHU est équipé d'un entrepôt de données de santé (EDS) qui est habituellement mis à jour toutes les nuits.

Pour le pilotage Covid, "on a eu besoin d'un cadencement beaucoup plus rapide, avec des mises à jour toutes les heures. On a donc changé nos modes d'extraction et ciblé beaucoup plus finement les données".

"La mise en place de la construction des données, l'organisation et l'extraction pour permettre un fonctionnement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7" a été la partie la plus chronophage.

"Il y a eu beaucoup d'échanges pour définir les besoins, qui continueront d'évoluer tous les jours. On a eu des discussions de trois heures pour savoir quand un patient est Covid ou ne l'est pas", a-t-elle illustré.

"Récemment, on a revu tous les indicateurs de durée de séjour car on s'est rendu compte que la durée moyenne de séjour n'a pas d'intérêt opérationnel, c'est plus utile par type de population."

Le CHU a également mis en place une cartographie des patients par Iris (îlots regroupés pour l'information statistique) que l’Insee définit comme zones d’une population d’environ 3.000 habitants.

"Le but est de connaître les zones où il y a plus de patients à partir des données de tests PCR réalisés au CHU et des données de patients hospitalisés pour voir si des zones sont plus ou moins impactées selon les conditions socio-économiques. On discute avec l'agence régionale de santé [ARS] pour mettre en place des moyens ciblés sur certaines zones."

Concernant le financement, "il n'y a pas de coût spécifique car la plateforme avait déjà été achetée pour les besoins du département d'information médicale", a-t-elle indiqué.

SAS a eu un rôle "humble" puisque "les usages étaient déjà en place", a déclaré Jean Casini, responsable du secteur santé de l'éditeur.

La société a "accompagné le déploiement des tableaux et apporté son expertise" en mobilisant 2 personnes pendant 3 à 4 semaines. "Il n'y a pas de modèle économique" pour cet accompagnement qui "rentre dans le partenariat avec le CHU", a-t-il complété.

"On est plus réactifs aujourd'hui car il y a eu un transfert de compétences de SAS vers le CHU", a souligné Caroline Dunoyer.

Deux agents du CHU ont travaillé à temps plein pendant la première vague, soit 6 à 8 semaines, dont un seulement sur la constitution des données et l'extraction à temps réel.

"Ce sont les outils les plus opérationnels qu'on n'ait jamais faits", avec un "très important niveau de granularité", a-t-elle conclu.

lc/gdl/ab

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