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Toute la biologie du CHU de Montpellier réunie dans un projet de laboratoire unique

Le futur laboratoire unique de biologie du CHU de Montpellier (projection). Crédit: Atelier Michel Rémon
Le futur laboratoire unique de biologie du CHU de Montpellier (projection). Crédit: Atelier Michel Rémon

Cinq années de préparation, 21.000 mètres carrés de surface, 83 millions d'euros d'investissement... Le regroupement des activités de biologie du CHU de Montpellier s'annonce comme un chantier colossal. La mise en service d'un bâtiment unique est prévue pour la "fin 2019".

Le pôle biologie de l'hôpital est aujourd'hui éclaté en 17 laboratoires sur huit sites différents, a expliqué le directeur des investissements et de la logistique du CHU, Thierry Veleine, à TecHopital. Sur un même site, les laboratoires peuvent de surcroît "être distants de plusieurs kilomètres".

Conséquences directes de cet éloignement: un système complexe de transport d'échantillons, des temps d'acheminement à rallonge et la multiplication d'un même prélèvement pour différentes analyses.

Si la redondance entre les différents laboratoires a "à peu près été levée" (chacun accueille l'une des 17 disciplines du CHU), leur distribution géographique n'est pour autant pas favorable à la mutualisation des espaces et des équipements, a observé Thierry Veleine.

Un regroupement des activités présente donc de nombreux avantages. L'ingénieur en retient particulièrement un: faire bénéficier la biologie des "équipements les plus coûteux et les plus récents".

Le projet prévoit ainsi de concentrer sur 21.000 m2 de surface dans ½uvre (SDO) les quelque 230 millions d'examens de type "B" que l'établissement a réalisé en 2013. Un bâtiment unique verra le jour sur le site principal du CHU, celui de Lapeyronie.

Il comprendra notamment quatre "plateformes techniques mutualisées":

  • Une plateforme de "ressources biologiques", qui centralisera la conservation des échantillons
  • Une plateforme de méthodes séparatives
  • Une plateforme consacrée à la cytométrie de flux
  • Un laboratoire "chaud" pour la manipulation d'éléments radioactifs.

Thierry Veleine a également évoqué une plateforme d'urgence et de réponse rapide (PPUR, 4.000 à 5.000 échantillons par jour). "Fortement robotisée", elle permettra de "diminuer le nombre de tubes" nécessaires aux examens, ainsi que de réaliser "simultanément" et "dans des délais maîtrisés" tout un ensemble de tests, notamment d'hématologie ou d'immunologie.

Deux coopérations extérieures

Le nouveau bâtiment accueillera par ailleurs, sur 700 m2, des locaux de l'Etablissement français du sang (EFS). L'organisme a en effet exprimé le "besoin de se rapprocher du CHU", l'un de ses "gros clients". Il occupe actuellement un préfabriqué sur le site de Lapeyronie.

Autre collaboration: l'activité de caractérisation des tumeurs cancéreuses de l'Institut du cancer de Montpellier (ICM) doit être transférée dans le nouveau laboratoire, où elle sera mutualisée avec la biopathologie du CHU.

Pour Thierry Veleine, ce rapprochement doit permettre de "maintenir le matériel à la pointe du progrès plus facilement". Un enjeu important, a fortiori dans un "champs structurant" comme la génétique moléculaire, où le matériel est extrêmement cher.

Enfin, un espace de 1.200 m2 sera consacré à la recherche. Alors que le CHU de Montpellier compte 13 pôles, celui de "biologie" représente à lui seul 25% de l'activité de recherche du CHU de Montpellier, a souligné Thierry Veleine.

Un gros investissement dans le matériel

Le bâtiment est actuellement en conception, au stade d'"avant-projet sommaire". La consultation des entreprises et l'appel d'offres travaux doit être lancée en fin d'année, pour un début du chantier mi-2017 et une livraison en octobre 2019. Le premier échantillon devrait être analysé "fin 2019".

Sur les 83 millions d'euros que devraient coûter ce projet, 67 millions seront consacrés au bâtiment, et environ 16 millions aux équipements neufs. En juillet 2015, le comité interministériel de performance et de modernisation des soins a validé (Copermo) a validé le versement d'une aide de 9,5 millions au projet.

S'agissant du matériel, c'est un "investissement important" qui devrait entraîner "assez peu de récupération dans l'existant", a relevé Thierry Veleine. Une bonne partie sera toutefois achetée et exploitée au cours des années précédant la mise en service du nouveau laboratoire, a-t-il signalé.

Cela permettra d'éviter trois écueils: d'abord que le matériel du CHU n'évolue plus d'ici là; ensuite que le personnel ait, le jour fatidique, "à découvrir les machines en plus des nouveaux locaux"; et enfin que tous les renouvellements d'équipement s'imposent par la suite tous au même moment.

Les ingénieurs auront de toute façon bien besoin de quelques années pour se préparer. Entre autres temps forts du lancement, Thierry Veleine a évoqué la requalification systématique des automates qui auront été déplacés. Les chaînes robotisées de la PURR devront être préparées trois mois à l'avance, d'abord par un ensemble de réglages, puis via des tests sur "de petites séries". Sans oublier la procédure d'accréditation par le Comité français d'accréditation (Cofrac).

L'équipe d'oeuvre
Architecte: Atelier d'architecture Michel Rémon
Bureau d'étude technique: Setec bâtiment
Economiste: GBA Eco
Paysagiste: Laure Planchais
Assistant maîtrise d'ouvrage: Elix

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