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Un système vidéo pour sécuriser la préparation des chimiothérapies à l'hôpital

LA ROCHELLE, 23 mars 2015 (Direct Hôpital) - Eurekam, une société basée à La Rochelle, commence à commercialiser en France un système vidéo pour sécuriser la préparation des chimiothérapies anticancéreuses injectables.

La solution Drugcam proposée par Eurekam utilise la reconnaissance numérique pour assister et contrôler en temps réel les étapes critiques des préparations de solutions médicamenteuses anticancéreuses injectables à l'aide d'un système vidéo informatique intelligent. Spécialement adaptée pour les hôpitaux, cliniques et centres de lutte contre le cancer (CLCC), elle utilise des technologies employées dans des secteurs d'activité comme l'aéronautique ou la distribution.
 
"C'est une technologie de rupture par rapport au contrôle actuel de la fabrication des préparations de chimiothérapie. C'est un élément de sécurisation novateur et c'est le seul qui soit aussi avancé", a déclaré à l'APM jeudi Benoît Dalifard, pharmacien au CH de La Rochelle qui l'utilise en production depuis l'été 2014, interrogé à l'occasion d'une présentation qu'il devait faire vendredi devant des collègues pharmaciens hospitaliers en Auvergne.
 
"L'oeil numérique intelligent" a été inventé au CH de La Rochelle par un pharmacien, Benoît Le Franc, qui l'a breveté. Il a été développé avec l'université rochelaise et une start-up a été créée en septembre 2012 pour réaliser le transfert technologique.
 
A l'aide de plusieurs caméras placées à l'extérieur du plan de travail, Drugcam autorise deux actions complémentaires:
- le contrôle des phases à risque des préparations par reconnaissance des objets (flacons, seringues, étiquettes) et des volumes de produits manipulés -sans avoir à ré-étiqueter avec des Datamatrix ou codes-barres-
- et l'enregistrement vidéo complet de la fabrication (archivé automatiquement), élément de sécurité qui peut s'avérer utile sur le plan médicolégal.
 
Le système se présente sous deux modules: Drugcam Assist avec un écran placé à proximité qui assiste le préparateur (celui-ci présente chaque élément à l'une des caméras) et signale les erreurs de flacons et/ou de volumes prélevés et Drugcam Control, accessible par une plateforme internet qui permet au pharmacien de libérer à distance, a posteriori, les préparations.
 
Actuellement, le contrôle est réalisé par un double contrôle visuel, expérience qui expose à un risque d'erreur humaine, décrit Benoît Dalifard. Le contrôle analytique peut aussi se faire par dosage sur des prélèvements faits dans les préparations mais cela a des inconvénients: ces dosages sont onéreux (car consommateurs de molécules onéreuses), polluants et ils surexposent le personnel au risque cytotoxique associé à un maniement supplémentaire de ces produits. Réalisés a posteriori, ils imposent une quarantaine sur la production et génèrent donc des délais de production. En outre, ils ne sont pas réalisables sur les petites seringues.
 
Le système Drugcam permet un contrôle "per process" sans risque (il arrête le préparateur en cours de fabrication s'il détecte une erreur, évitant aussi du gaspillage) et "post process". Lors de la phase de libération pharmaceutique de la fabrication, le pharmacien peut visionner des séquences en cas d'alertes ou l'ensemble de la fabrication.
 
"C'est un système universel pour toutes les productions de chimiothérapie, du diffuseur à la seringue de 1 mL", souligne Benoît Dalifard.
 

Des erreurs évitées et un gain de temps

 
Sur huit mois d'utilisation, l'unité de reconstitution des cytotoxiques du CH de La Rochelle a réalisé 2.140 préparations de chimiothérapie sous contrôle vidéo en utilisant le système sur un de ses quatre postes de production.
 
Le système reconnaît les flacons les plus volumineux comme les plus petits, tous les modèles de seringue et leurs graduations, ainsi que tous les conditionnements d'administration utilisés. Il a repéré et permis d'arrêter trois erreurs de volume de seringue qui auraient abouti à un surdosage pour les patients dont un supérieur de 100% à la dose prescrite, rapporte le pharmacien.
 
Drugcam a aussi permis d'arrêter l'utilisation d'un flacon de docétaxel à la place d'un flacon d'étoposide.
 
Son utilisation permet un gain de temps préparateur, qui reste à chiffrer. A La Rochelle, l'unité de reconstitution des cytotoxiques va arrêter le double contrôle visuel grâce à l'oeil numérique quand les quatre postes de production seront équipés. Actuellement, un préparateur "volant" effectue le double contrôle pour trois préparateurs qui reconstituent.
 
"Après quelques années de R&D, le produit est finalisé et nous entamons une phase de commercialisation", a indiqué à l'APM Loïc Tamarelle, président et cofondateur d'Eurekam.
 
La technologie a été testée et améliorée avec la participation de trois établissements de taille différente et utilisant des logiciels de prescription distincts (pour vérifier la compatibilité de l'interface), le CH du Havre, celui de La Rochelle et l'Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille qui est un CLCC.
 
Le CHU de Grenoble devrait être équipé le mois prochain, a précisé le président. Il constituera le premier gros établissement client, en dehors des expérimentateurs.
 
Le prix à l'achat varie selon le nombre de postes de production. Il faut compter de l'ordre de 45.000 euros pour équiper un poste et la maintenance, soit à peu près le coût d'un opérateur en double contrôle visuel, indique-t-il.
 
Le dispositif est aussi proposé à la location ou au paiement à l'utilisation (au nombre de préparations, 5.000 par exemple), ce qui permet de le tester sur un poste de fabrication, ajoute-t-il.
 
sl/ab/

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