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Une entreprise de Châtellerault recycle masques chirurgicaux et FFP2 après désinfection

Crédit: Shutterstock
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CHATELLERAULT (Vienne), 1er septembre 2020 (TecHopital) - Plaxtil, start-up spécialisée dans le recyclage de vêtements, a décidé, avec l'aval de l'agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, de recycler les masques barrières pour les transformer en équipements de protection individuelle (EPI).

L'entreprise châtelleraudaise, spécialisée dans le recyclage des textiles, traite chaque semaine 10.000 masques, en grande majorité des masques chirurgicaux mais aussi des masques FFP2, "mais pourrait en traiter beaucoup plus", a expliqué à TecHopital Olivier Civil, cofondateur de Plaxtil.

Cette start-up est adossée à un petit groupe industriel (CDA Développement), représentant 4 entreprises de plasturgie employant 45 personnes, avec un chiffre d'affaire de 5 millions d'euros.

Les masques que Plaxtil traite sont constitués à 90% de polypropylène, qu'elle sait très bien recycler. "Une fois broyés, ils sont désinfectés par ultra-violets, grâce à une technologie (mise au point par la start-up UV Movi) qui a reçu l'aval de l'ARS Nouvelle-Aquitaine", a-t-il précisé, avant de compléter: "L'ARS nous a conseillé de traiter les parties broyées par UV sinon il faudrait traiter les deux côtés des masques."

Ainsi, en accord avec la ville de Châtellerault, une cinquantaine de bornes de collecte ont été installées dans des pharmacies, cabinets médicaux et supermarchés. Les masques usagés ont ensuite été récupérés et triés par le chantier d’insertion local, Odacie, qui retire la barre métallique intérieure. Environ 50.000 masques ont d’ores et déjà été transformés depuis fin juin, selon Plaxtil.

L'industriel a développé un procédé permettant le broyage des fibres et leur mélange à une résine pour produire des granulés plastiques entrant dans la fabrication de nouveaux produits, ce qui a permis de produire 2.000 équipements de protection individuelle (EPI): visières, attache-masques, ouvre-portes, distribués ensuite à la ville.

Il est vrai que "la communauté d'agglomération "Grand Châtellerault" a subventionné une petite partie de notre dispositif (2.000 euros sur un total de 20.000 à 30.000 euros). Mais le procédé est globalement financé sur fonds propres."

Pendant les premiers mois de la crise sanitaire, les débats sur le recyclage des masques barrières a fait rage (cf dépêche TecHopital). Cette nouvelle expérimentation permet de montrer qu'un masque peut se transformer en un autre type d’EPI. "Nous souhaitons juste démontrer notre savoir-faire", a fait savoir le cofondateur de Plaxtil.

"Des demandes de partout"

Et d'ores et déjà, "les demandes de traitement sont colossales. Elles proviennent de villes, de communautés de communes mais aussi de grands hôpitaux tels que l'AP-HP, les CHU de Poitiers, de Bordeaux, l'AP-HM".

Mais "pour l'instant nous ne sommes pas prêts à recycler les masques issus du milieu hospitalier car il nous faudrait certaines garanties administratives. Ces masques sont souvent évacués via la filière des déchets d'activités de soins à risque infectieux (Dasri)".

Avant de traiter ces déchets hospitaliers, "nous préférons recevoir au préalable des garanties administratives, obtenir des garanties des autorités de tutelle. Il faudrait être cadré depuis le haut", a-t-il fait savoir.

Le ministère de l'économie et des finances semble intéressé par le procédé. "Il nous a contactés fin juillet. Nous leur avons répondu être prêts à collaborer avec eux à la mise en place d'une filière de recyclage des masques", explique le cofondateur de l'entreprise. "Mais pas de nouvelles depuis."

Le coût écologique de l'incinération ou de l'enfouissement de ces masques chirurgicaux est énorme. Chaque masque émet en effet 3 grammes de CO2.

Le recyclage de 10.000 masques par semaine permet de produire 30 kg de matière par semaine. "Nous serions capable de traiter des millions de masques." Mais il faudrait avant qu’"une véritable filière soit mise en place et il faudrait sécuriser cette filière", a insisté le dirigeant de Plaxtil.

Enfin, "nous comptons très prochainement annoncer des partenariats avec deux ou trois grandes entreprises qui collecteront leurs masques pour que nous les transformions en équipements utilisés dans l'entreprise".

"Je pense que la France a la capacité de devenir un des premiers pays à mettre en place une filière de recyclage de ces masques mais il faut que les pouvoirs publics s'emparent du sujet", a conclu Olivier Civil.

gdl/nc

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