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UniHA et la FHF-Cancer relancent un achat groupé en radiothérapie

PARIS, 28 janvier 2016 (APM) - L'Union des hôpitaux pour les achats (UniHA) et la FHF-Cancer ont relancé un projet d'achat groupé pour les appareils de radiothérapie, lors d'une journée sur la radiothérapie dans les établissements publics de santé organisée jeudi 14 janvier à l'hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP, AP-HP), à Paris, par la FHF (Fédération hospitalière de France)-Cancer et la Société française de radiothérapie oncologique (SFRO).

Le parc d'équipements de radiothérapie a besoin d'être renouvelé pour intégrer les nouvelles techniques. L'HEGP, par exemple, a renouvelé en 2015 11 accélérateurs linéaires en introduisant des équipements "upgradés" et l'établissement s'apprête à ouvrir un CyberKnife* (Accuray) "attendu depuis plusieurs années", a indiqué Anne Costa, directrice générale de l'HEGP.

Le groupement de coopération sanitaire (GCS) UniHA, fort de 67 hôpitaux adhérents, et la FHF-Cancer relancent un projet d'achat groupé pour la radiothérapie. "Cela fait à peu près deux ans qu'on discute sur un éventuel projet d'achat groupé", a rappelé Bertrand Lepage d'UniHA.

"UniHA est apparu pour être l'opérateur naturel d'achat sur le marché de la radiothérapie. Une étude de marché a été faite en 2014 et fin 2015. Nous avons proposé de constituer un groupement de commandes pour partir sur un projet d'achat groupé", a-t-il précisé.

L'étude de marché a montré un retard technologique des hôpitaux publics dans ce domaine et un potentiel d'achat "énorme" de 150 millions à 200 millions d'euros sur cinq ans.

"Nous avions consulté les établissements sur cette question avec un très bon taux de réponse (65% des établissements publics autorisés pour la radiothérapie)", a indiqué Maxime Cauterman, conseiller médical de la FHF. "A 90%, ils nous ont dit qu'ils souhaitaient collaborer, mais quand nous avons sollicité les directions avec le projet ficelé, nous n'avons reçu que deux réponses: un établissement pour nous dire qu'il avait fait son achat et un autre pour demander si c'était possible en crédit-bail", a-t-il rapporté.

"Nous relançons le projet. Aujourd'hui, c'est le baroud d'honneur. On vous représente le projet et on espère que vous allez candidater car c'est une bonne opportunité", a-t-il indiqué aux radiothérapeutes présents.

"C'est un moyen pour vous non seulement d'acheter moins cher mais aussi de faire monter ces achats dans l'agenda des décideurs, car la radiothérapie est en concurrence avec d'autres équipements dans les établissements de santé multi-activité. Cela permet d'afficher cette priorité et on souhaite créer de la confiance avec notre démarche pour favoriser le passage à l'acte", a-t-il souligné.

Des achats groupés ont déjà été menés en radiothérapie: en 2010, le CHU de Bordeaux a conduit un appel d'offres groupé d'accélérateurs pour UniHA en réunissant trois centres (Bordeaux, Libourne et Marseille) pour quatre appareils, avec des gains importants estimés à 17% et, en 2013, Unicancer achats a aussi lancé un marché d'achats groupés sur trois ans permettant au bout de 18 mois la commande de 16 machines et un gain escompté de 7 millions d'euros, a cité Bertrand Lepage.

"Souvent, on nous dit que ce n'est pas possible en radiothérapie car c'est un sujet complexe avec des besoins spécifiques, mais c'est vrai aussi dans beaucoup d'autres domaines d'achats, et on y arrive. Les calendriers sont difficiles aussi à synchroniser mais il y a des techniques pour gérer ce problème. On avance aussi la captivité du parc des machines avec les systèmes d'information existants: c'est une vraie difficulté mais qui s'estompe avec le temps. C'est une contrainte à mettre dans le cahier des charges", a-t-il détaillé.

Il a aussi cité des réticences de la part des industriels sur ces démarches d'achats groupés: le danger de monoréférencement (mais le multiréférencement est possible, comme dans la démarche d'Unicancer), la compression des coûts qui peut conduire à une baisse des prestations, et l'existence d'une menace de référés.

"Les achats groupés, même si c'est difficile, c'est tout à fait possible. Et au-delà des gains financiers, cela permet des gains qualitatifs par des échanges d'expertise et de bonnes pratiques", a-t-il souligné.

La procédure d'achats peut être ouverte à plusieurs constructeurs. On peut assurer aux industriels la confidentialité des données récoltées lors de l'appel d'offres et on peut compter sur un groupe de travail collaboratif avec un groupe expert multidisciplinaire. Une fois le marché traité, on peut avoir la force d'un groupe pour suivre l'exécution du marché et éventuellement pallier les défaillances du fournisseur, a-t-il développé.

La FHF veut développer la stratégie de groupe en 2016

"Pour poursuivre la modernisation de ces secteurs d'activité, il faut avoir une stratégie de groupe. Pour des équipements aussi coûteux que la radiothérapie, nous ne pouvons pas nous permettre d'aller en rangs dispersés", a estimé René Caillet, adjoint au directeur de la FHF.

"La stratégie de groupe s'est illustrée de manière éclatante par l'AP-HP et partout en France, des stratégies de groupe se déploient en termes d'organisation. Cette stratégie de groupe va naturellement s'exprimer cette année dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT). La radiothérapie sera au coeur des projets médicaux partagés. Cette stratégie de groupe peut également s'exprimer au travers des projets d'achats. La radiothérapie représente un enjeu à plus de 200 millions d'euros hors travaux", a-t-il ajouté.

"L'agenda cancer pour la FHF en 2016 sera extrêmement chargé. Ce sera une année de concertation et de changement avec le développement des nouvelles autorisations, de nouveaux projets. Beaucoup de chantiers ont été ouverts par le ministère, notamment sur la tarification dont on attend encore des résultats concrets", a-t-il poursuivi.

"Un des axes de travail prioritaires, c'est la coopération entre les établissements de santé publics, notamment les CHU mais aussi les CLCC [centres de lutte contre le cancer]. La présentation de la stratégie d'Unicancer nous a frappés par sa pertinence, sa force et sa détermination. Nous en avons aussi, avec FHF-Cancer, illustré les axes majeurs. Tout ça doit trouver sa synergie dans chaque grande région maintenant", a-t-il indiqué.

Poursuivant sur les sujets cancer en 2016, René Caillet a noté qu'il fallait "aussi faire progresser le régime des autorisations. C'est un sujet-clef. Les autorisations par établissements ont sans doute vécu. Nous défendons les autorisations par équipe voire par territoire. Cette question est déjà entendue par les pouvoirs publics. Elle n'a pas encore trouvé sa traduction mais très clairement, rien ne permet de penser, avec la mise en place des GHT et des parcours de soins, que le régime des autorisations ne doit pas évoluer, au contraire".

En interne, la FHF poursuit son projet de labellisation de filières et l'amélioration continue de la qualité des soins pour les patients atteints de cancer.

Enfin, le représentant de la FHF a mentionné le dossier des molécules onéreuses et la liste en sus, "sujet essentiel" qui "sera fortement à l'agenda en 2016". "Alors que la tension financière se met en place, alors que cette question de la liste en sus est en permanence réévoquée, éventuellement pour la remettre en cause, nous sommes très attentifs au maintien et à la qualité des prises en charge qu'elle permet, mais en même temps, nous savons qu'il faut être dynamique dans l'approche et ne pas se contenter de gérer les entrées/sorties de liste", a-t-il dit.

sl/gb/ab

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