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UniHA et le Resah souhaitent pérenniser leur consortium

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 16 novembre 2020 (TecHopital) - UniHa et le Resah souhaitent prolonger l'existence de leur consortium (créé pendant l'épidémie de Covid-19) après la crise sanitaire, a-t-on appris auprès des directeurs généraux des deux centrales d'achat hospitalières.

Via ce consortium, les deux centrales d'achat gèrent un dispositif d'approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) pour les établissements, notamment pour les cas de tension. Le consortium formé par UniHA et le Resah est également actif dans les commandes de tests antigéniques et en a acheté plusieurs millions.

Les deux centrales s'étaient déjà associées, en avril, lors de la première vague épidémique, pour fournir certains produits ou des équipements aux établissements, notamment des surblouses en tissu.

Ce partenariat pour l'achat de surblouses avait "bien marché", ce qui a amené les deux centrales d'achat à poursuivre leur collaboration, a expliqué le 10 novembre à APMnews/TecHopital Dominique Legouge, directeur général du Resah.

"On s'est assez rapidement mis d’accord pour travailler ensemble" sur ces sujets. "Ce qui était un peu intuitif s'est révélé juste", a fait valoir Bruno Carrière, directeur général d'UniHA, interrogé le 12 novembre par APMnews/TecHopital, qui a évoqué "une grande complémentarité" entre les deux centrales d'achat, du fait de leurs expertises différentes.

Pour l'approvisionnement en gants, UniHa dispose d'"équipes achat" ad hoc, le Resah a quant lui "une expertise logistique", ce qui permet de construire des "politiques d'achat communes" en jouant sur la "complémentarité", a mentionné Bruno Carrière à titre d'exemple.

Avec ce consortium, "les hôpitaux se dotent d’une force de frappe qui n'a pas équivalent dans le secteur de la santé en Europe", a-t-il relevé.

Le consortium est censé durer jusqu’au printemps 2021, selon "la modalité sur laquelle" il a été construit "pour l'instant", mais "on réfléchit à l'avenir, au-delà du printemps; on cherche à construire quelque chose [de] durable qui sera installé dans le paysage, qui portera en premier lieu sur le service des hôpitaux" et "éventuellement [sur celui] d’autres acteurs", a-t-il poursuivi.

"La crise a montré le rôle fondamental de l'achat et de la logistique en période de bouleversement des circuits classiques d'approvisionnement. Le Resah, à travers le consortium avec UniHA, "compte jouer un rôle important dans l'après-crise", a signifié Dominique Legouge.

Et de renchérir: "Il faudra qu'on tire des leçons des problématiques d'approvisionnement liées aux crises quelles qu'elles soient. [...] Aujourd'hui, on a décidé de travailler sur la sécurisation des approvisionnements. On essaiera de proposer une feuille de route du consortium Resah-UniHA qui puisse, sur certains sujets, garantir un approvisionnement efficace en temps crise".

"On pense que nos deux centrales d'achat ont un rôle à jouer dans la réorganisation des achats du secteur santé pour garantir la sécurité de l'approvisionnement" des établissements de santé et médico-sociaux et "on ne manquera pas de faire des propositions au ministère" des solidarités et de la santé "dans ce cadre-là", a poursuivi le directeur général du Resah.

Ce dernier estime que le consortium sera peut-être amené à coopérer sur "d'autres sujets" en matière d'achat à l'avenir. "Cela dépendra aussi des souhaits exprimés éventuellement par nos adhérents, par les autorités de tutelle de l'Etat."

"Peut-être que demain il y aura d’autres thématiques qui nécessiteront qu’on intervienne", dans le cadre du consortium, a abondé le directeur général d'UniHA.

Dominique Legouge a toutefois souligné le bien-fondé d'avoir deux centrales d'achat indépendantes, "ayant des approches différentes", pour avoir "une offre diversifiée. [...] Il est intéressant pour nos adhérents d'avoir deux sources d'approvisionnement possibles au quotidien". Bruno Carrière a confirmé qu'une fusion n'est pas envisagée.

Le store UniHA "a vocation à se développer"

La "principale difficulté", ayant freiné parfois le mode de fonctionnement d'UniHa durant l'épidémie, est le fait "qu'on a déporté des personnes sur de nouveaux sujets" avec "l'importante diversité de ces sujets à prendre en compte", a expliqué Bruno Carrière, interrogé sur la gestion de la centrale d'achat pendant l'épidémie.

Il a expliqué qu'en interne le télétravail a bien fonctionné et que "depuis la saison automnale", il ne concerne "pas l'intégralité" des équipes. "Il y a une grande autonomie des équipes", a-t-il souligné, rappelant qu'UniHA a une organisation répartie sur le territoire, avec les "deux tiers des collaborateurs qui ne sont pas au siège".

"L'épisode du printemps nous a amenés à réinterroger pas mal de fonctionnements, [...] on a beaucoup expérimenté des choses nouvelles, notamment les solutions digitales", a ajouté Bruno Carrière.

Le store UniHA, notamment, "a vocation à se développer". "On est convaincu [...] qu'on doit se doter d'outils digitaux qui nous permettent de traiter la variété de nos interlocuteurs, cela devient très important", a mis en avant le directeur général.

Ce dernier a également évoqué une remise en question à avoir au sujet des politiques d'achat uniquement focalisées sur les gains achat, estimant que les stratégies "historiques", les "gros appels d'offres", notamment, n'ont "peut-être plus beaucoup de sens dans certains cas", par exemple dans le cadre des ruptures de stocks de médicaments.

Il faut "être capable de décliner des modalités plus adaptées", d'avoir "un dialogue pointu" avec le titulaire du marché, être en capacité de "calibrer des offres nouvelles qui vont très vite" dans "le moment que l'on vit en ce moment" pour avoir assez d'"agilité" de "flexibilité" et "travailler vite", a-t-il jugé.

Le directeur général a ajouté qu'UniHA table sur 4,9 milliards à 5 milliards d'euros (Md€) d'achat en 2020 (4,55 Md€ en 2019), contre une estimation initiale à 4,85 Md€.

Cette révision à la hausse est due à une "évolution naturelle" des achats et à la "structure de référentiels produits", avec l'arrivée de "nouveaux médicaments" notamment. Les établissements "confient un peu plus de sujets" à la centrale, a fait valoir Bruno Carrière. En 2021, "la cible sera proche de 5,2 Md€".

Des achats courants différés par des hôpitaux, selon le Resah

Le directeur général du Resah a souligné que le télétravail a beaucoup été développé au sein de la centrale durant la première vague. "On a réussi à traverser la période en gardant une efficacité", malgré un nombre de requêtes quotidiennes importantes gérées notamment par la direction de la relation avec les adhérents.

"L'activité classique de centrale d'achat était un peu impactée par la crise, c'est-à-dire que les achats courants" pouvant être différés l'ont été par "les établissements concentrés sur les achats liés à la crise", a-t-il évoqué.
Il a également exposé des difficultés de maintien des circuits de distribution classique des entreprises au "tout début de l'épidémie", mais précisé que celles-ci "ont été très réactives", passée la période de "déstabilisation".

"Il y a eu un énorme travail de régulation des livraisons mené avec les fournisseurs" notamment "quand il y a eu une explosion des demandes". En partenariat avec des fournisseurs, il a fallu "contingenter des livraisons dans des établissements", et notamment "éviter" de livrer des produits massivement dans certains établissements sans livrer les autres, a également dit Dominique Legouge.

Le Resah prévoit pour 2019 20% de croissance d'achat à 1,4 Md€, une croissance "naturelle" du fait de la progression du nombre d'adhérents, notamment.

Par ailleurs, le directeur général a indiqué qu'une des priorités de la centrale pour 2021 est la consolidation de l'offre et le renforcement de l'organisation, car "un des dangers de la croissance est d'être déstabilisée quand elle est trop forte". Le Resah a d'ailleurs créé une direction du développement "il y a deux mois".

Enfin, il a évoqué en 2020 un investissement de plus d'un million d'euros dans son système d'information "pour accroître la performance de notre service".

jyp/gdl/nc

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