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Urgences : des lunettes connectées utilisées par le Samu à Nantes

Crédit: iStock/Spotmatik
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PARIS, 20 juin 2018 (TecHopital) - Des lunettes connectées employées dans un but d'optimisation de la régulation médicale commencent à être utilisées par les personnels du Samu 44 à Nantes, a indiqué le Dr Joël Jenvrin, responsable médical de ce service, à l'occasion du congrès de la Société française de médecine d'urgence (SFMU) qui se tient à Paris du 13 au 15 juin.

Depuis deux mois, les équipes de Smur et du Samu de Nantes sont munies de lunettes connectées qui leur permettent de transmettre en temps réel des vidéos de l’intervention en cours au médecin régulateur.

Les lunettes connectées utilisées sont commercialisées par la société rennaise AMA, qui a mis au point la solution de réalité assistée Xpert Eye*.

Présenté lors d'une conférence de presse du congrès, ce projet est piloté par le Dr Joël Jenvrin et mis en place par le Dr Arnaud Martinage. Il est né de la réponse du Samu, en partenariat avec la société d’ambulance privée Assistance ambulance, à l'appel à projets "Télémédecine urgences hospitalières et lunettes connectées" lancé par l’agence régionale de santé (ARS) Pays-de-la-Loire en 2016.

Depuis, ce projet est mené en étroite collaboration avec la direction du service numérique du CHU de Nantes, l’ARS qui l’a validé et le groupement de coopération sanitaire (GCS) e-santé des Pays-de-la-Loire, qui a reçu une part de financement afin que les flux vidéos soient intégrés à sa plateforme de télémédecine, Qimed.

L’objectif est d’"intégrer ces flux vidéos à la structure Samu-centre 15 afin d’optimiser la régulation et la réponse médicale à apporter aux patients", a expliqué le Dr Jenvrin à APMnews.

"Aujourd’hui 99% des flux gérés sont vocaux, [les médecins régulateurs sont] aveugles quant à la situation de terrain et réduits à la représentation mentale de la description parfois difficile effectuée par le professionnel de santé qui est sur place".

Le Dr Jenvrin précise qu’un "simple coup d’oeil" permet d’évaluer la gravité de la situation et de fournir une réponse plus rapide, plus adaptée et plus personnalisée, "avec un recul qui permet de s’affranchir du contexte émotionnel de la situation".

Une utilisation pour des fractures, des détresses respiratoires, des éruptions cutanées

Il cite plusieurs exemples permettant d’illustrer la plus-value apportée à la régulation médicale par ces lunettes connectées. En cas de fracture, le médecin régulateur peut, avec la vidéo déclenchée à sa demande par le professionnel de santé sur place, identifier et caractériser celle-ci afin de déterminer si elle est déplacée ou nécessite un dispositif d’immobilisation. Cela peut également permettre de décider si la prise en charge du patient nécessite une réanimation, une relaxation, ou une antalgie.

Face à un cas de détresse respiratoire, les lunettes connectées permettent de voir si la personne est en sueur, d’observer la couleur de ses lèvres, si elle "tire", autant d’éléments pertinents parfois absents des bilans des secouristes, indique le spécialiste.

Ces outils connectés permettent également d’accompagner les jeunes médecins qui bénéficient alors en temps réel du regard plus expérimenté du médecin régulateur : "Nous pouvons les conseiller à distance, leur fournir une assistance sur des gestes techniques parfois compliqués à réaliser".

"Les lunettes connectées nous permettent, dans le cas d’un appel concernant un enfant avec une éruption cutanée, de déterminer si c’est un cas bénin ou un purpura fulminans. Le professionnel de santé qui arrive auprès de l’enfant déclenche la 'visio' à la demande du médecin régulateur, afin d’identifier précisément le type de réaction cutanée observée. Il réalise une capture d’image qui sera insérée en pièce jointe au dossier de régulation médicale, ce qui permet d’appuyer la réponse du médecin régulateur et de relever l’enjeu de la traçabilité".

On en est encore au début de cette pratique. L’évaluation de l’utilisation des lunettes connectées permettra d’analyser leur impact sur l’organisation des soins, notamment en termes de gestion de flux supplémentaires, et de déterminer si elles représentent un gain de temps.

"Nous avons souhaité nous inscrire dans un cadre institutionnel afin d’ancrer l’outil dans nos pratiques. Nous l’utilisons tous les jours, plusieurs fois par jour. Nous sommes en train de nous approprier les cas d’usage, tout en sachant que ces lunettes connectées représentent une première étape. Nous sommes convaincus que demain, ce sont les smartphones du grand public qui permettront d’avoir directement accès aux malades."

Un projet d'utilisation en Ehpad

Par ailleurs, le Dr Jenvrin évoque un deuxième projet "Télémédecine et soins non programmés", en lien cette fois avec différents établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). L’objectif est de pouvoir équiper un certain nombre d’Ehpad avec ces dispositifs afin que les médecins régulateurs du Samu puissent prendre en compte les recours dans le cadre de la continuité ou de la permanence des soins.

"Lors de l’appel au Samu-centre 15 d’une infirmière ou d’une aide-soignante qui se trouve face à un résident qui pose un problème aigu, la mise en place d’une visio-régulation pourrait permettre d’identifier précisément le problème rencontré par la personne âgée et de décider, entre autres, si la situation nécessite un transfert aux urgences, l’intervention d’un médecin de terrain, ou une gestion à distance sur place".

Ce projet débutera fin 2018.

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