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Vaccination anti-Covid: les défis logistiques des PUI des établissements de santé

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 13 janvier 2021 (TecHopital) - Acheminement des vaccins, stockage, approvisionnement en aiguilles et seringues mais aussi organisation des campagnes: les défis logistiques pour l'organisation de cette vaccination massive contre le Sars-CoV-2 sont multiples, endossés en partie par les PUI des établissements de santé.

Vacciner massivement les 65 millions de Français implique un défi logistique, relevé en partie par les pharmacies à usage intérieur (PUI) des établissements pivots.

Le premier vaccin anti-Covid livré aux PUI par Santé publique France (SPF) est celui de Pfizer/BioNTech (Comirnaty*) qui doit être stocké à -70°C et donc dans un super-congélateur réglé à -80°C.

Si le ministère de la santé a décidé de livrer un super-congélateur par département, "la FHF avait recommandé dans un premier temps d'organiser la vaccination à l'échelle des groupements hospitaliers de territoire (GHT)", a expliqué à TecHopital Alexandre Mokédé, responsable du pôle offre de soins de la Fédération hospitalière de France (GHF). "En santé, l'échelle du département, ça ne veut rien dire", a-t-il souligné.

Interrogé le 7 janvier, Alexandre Mokédé a confirmé que "90% de ces super-congélateurs avaient bien été livrés aux établissements pivots". "La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et d'autres territoires d'outre-mer" doivent encore "recevoir cet équipement".

Lors de son audition le 12 janvier par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale sur la stratégie vaccinale contre le Covid-19, s'agissant des "super-congélateurs", Olivier Véran n'a pas précisé leur nombre mais a assuré que "l'ensemble des départements français sont équipés" en matériel "activé, sécurisé, automatisé".

Le dernier super-congélateur sera livré à Mayotte le mercredi 20 janvier, avec l'aide du service de santé des armées (SSA), a déclaré le ministre des solidarités et de la santé. Le département devait initialement bénéficier de transferts de vaccins depuis La Réunion mais a finalement souhaité disposer de cet outil, a indiqué le ministre.

Une centaine de super-congélateurs ont donc bien été livrés aux établissements pivots entre le 22 décembre et le 24 décembre par SPF. A l'instar du CHU de Grenoble qui a reçu le sien le 23 décembre.

"Notre super-congélateur, qui peut contenir jusqu'à 200.000 doses, a été qualifié le 28 décembre par un organisme certificateur", a expliqué Pierrick Bedouch, chef de la PUI du CHU, lors d'un point presse organisé le 8 janvier. "Et les premières doses de vaccin ont été reçues le 30 décembre", a-t-il complété. Le 8 janvier, le CHU de Grenoble détenait 11.000 doses.

Quant au CHU de Nantes, il s'est fait livrer le 22 décembre son super-congélateur, qui a été qualifié le 24 décembre. "Nous avons reçu les premières doses le 7 janvier", a indiqué François Rondeau, chef de la PUI du CHU. "Nous devrions recevoir 7.000 doses supplémentaires le 13 janvier. Pour les 3 prochaines semaines, nous disposons d'une certaine visibilité sur les approvisionnements."

Une fois le vaccin Pfizer/BioNTech décongelé à la PUI, le vaccin peut être conservé 5 jours à une température comprise entre 2 et 8°C. "Ce n'est pas énorme mais c'est quand même suffisant", a commenté François Rondeau.

L'Agence européenne du médicament (EMA) ayant annoncé le 8 janvier qu'elle recommandait de considérer que chaque flacon du vaccin Pfizer/BioNTech contenait potentiellement six doses et non cinq, "nous avons immédiatement ajusté nos pratiques", a-t-il précisé.

Vers une pénurie d'aiguilles?

En ce qui concerne les aiguilles, "elles ont été livrées par SPF entre Noël et le 1er janvier". Une livraison qui correspond à "la quantité nécessaire pour les Ehpad" mais qui n'a pas permis pas de vacciner les professionnels de santé. "Cette vaccination a été réalisée sur nos propres stocks d'aiguilles", a confié François Rondeau. "La tension sur les aiguilles est nationale, voire internationale", a-t-il ajouté.

Interrogé lors de son audition à l'Assemblée nationale le 12 janvier sur les niveaux de stocks d'aiguilles et de seringues que possède le pays, notamment après que des manques de matériel ont été signalés par des établissements, Olivier Véran a d'abord remarqué qu'il "suffit qu'une équipe d'un établissement se fasse l'écho de difficultés à trouver des aiguilles pour qu'il y ait un problème national logistique".

Le ministre a affirmé que la France dispose de 3,3 millions d'aiguilles en stock et en recevra 2 millions supplémentaires "dans les prochains jours". Au total 4,6 millions de seringues sont disponibles et "nous allons également en recevoir dans les prochains jours". Cette semaine, 850.000 aiguilles et 600.000 seringues seront déstockées à destination des territoires. Elles s'ajoutent à "tout le matériel d'injection dont disposent par nature les hôpitaux".

"Ce qui est compliqué, c'est que vous avez 15 références d'aiguilles et pas moins de 16 de seringues qui permettent de réaliser une injection intramusculaire […]. Toutes sont compatibles et donc nous avons fait le choix de commander et d'acheter ces seringues toutes compatibles et ensuite de les dispatcher dans les hôpitaux. Si un hôpital n'a pas l'une des références, ça ne veut pas dire qu'il n'a pas les 14 autres", a détaillé Olivier Véran.

Prochaine étape: la vaccination des plus de 75 ans

La vaccination des personnes 75 ans et plus, qui s’ouvrira lundi 18 janvier après inscription sur des plateformes, va concerner "5 millions de Français" et le pays ne "dispose pas à ce stade de 5 millions de doses", a prévenu Olivier Véran devant les députés.

En Loire-Atlantique, elle débutera également le 18 janvier. "Nous ne savons pas encore comment s'organisera la prise de rendez-vous. Je sais néanmoins que l'agence régionale de santé (ARS) envisage la mise en place d'une plateforme téléphonique en plus d'une solution dématérialisée de prise de rendez-vous", a souligné le pharmacien du CHU de Nantes.

A Grenoble, les personnes de plus de 75 ans ont pu prendre rendez-vous à partir du lundi 11 janvier, "pour être vaccinées à partir du 18." C'est aussi à partir de cette date que sera déployée la phase 2 de la stratégie vaccinale au CHU.

Des lignes de vaccination "prises d'assaut" par les professionnels de santé

D'ores et déjà, "nous constatons un engouement très fort de la part du personnel de santé puisque 50% des professionnels du CHU se sont fait vacciner", a constaté François Rondeau. "C'est inédit puisque le pourcentage est bien plus élevé que pour la vaccination contre la grippe. Cela est dû à la confiance dans le produit et un certain soulagement quant à avoir trouvé un vaccin anti-Covid", a-t-il fait remarquer.

Même engouement du côté du CHU grenoblois puisque les lignes de vaccination ont été prises d'assaut", a souligné le 8 janvier Monique Sorrentino, la directrice générale. "On sent que tout le monde veut aller vite."

A noter que la direction générale de la santé (DGS) a annoncé le 11 janvier que plus de 138.000 personnes avaient été vaccinées en France depuis le début de la campagne fin décembre. Le ministère a précisé le 12 janvier que cela comprenait "presque 111.000" professionnels de santé et soignants et "quelque 30.000" personnes âgées en Ehpad et USLD.

Comment le ministère compte faire grimper la vaccination
Le ministère de la santé a présenté le 12 janvier à la presse les évolutions de la distribution des vaccins attendues dans les prochains jours, promettant une "montée en puissance sur tout le territoire" et en particulier un "bond" du nombre de vaccinés parmi les personnes âgées des Ehpad et USLD.
  • Les deux circuits de distribution des vaccins pour les Ehpad et les USLD ainsi que les professionnels de santé, l'un à partir des établissements pivots et l'autre via le réseau d'officines référentes d'Ehpad, ont pu démarrer, malgré des ratés logistiques observés dans certaines régions par les officinaux.
  • Quatre dépositaires (Geodis, Arvato, Alloga et Laphal) se répartissent la livraison des stocks de SPF, de vaccins et de matériel pour l'injection, selon un zonage géographique.
  • La mise en place du circuit de distribution via les officines va permettre une "montée en flèche" du nombre de résidents vaccinés "à partir de la semaine prochaine" et "pendant les trois semaines suivantes", a poursuivi le ministère.
  • En parallèle, il a relayé la livraison "de manière massive" de "centaines de milliers" de doses du vaccin de Pfizer et BioNTech, Comirnaty*, dans les établissements pivots pour qu'ils puissent les mettre à disposition des centres de vaccination.
  • A ce jour, "plus de 300 centres de vaccination" ont été mis en place sur le territoire, a souligné le ministère, saluant "une dynamique locale assez extraordinaire". Ces centres seront présentés "de manière totalement exhaustive dans une carte mise en ligne sur le site sante.fr" à compter du jeudi 14 janvier, et seront également ouverts à la réservation en ligne ou par téléphone à partir de ce jour.
  • Les centres de vaccination restent, à ce stade, approvisionnés via les établissements pivots.
  • Le ministère a rappelé l'objectif fixé par l'exécutif d'avoir vacciné 1 million de personnes en janvier, et d'atteindre les 14 millions à l'été.

gdl-syl-rm/nc

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