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16/08/2017
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Vers la création d'un standard vidéo international pour la chirurgie guidée par l'image

L'Institut de recherche technologique (IRT) b<>com installé à Rennes travaille actuellement à la création d'un nouveau standard mondial de la vidéo chirurgicale afin de "surmonter les problèmes d'interopérabilité des équipements d'imagerie" et "démocratiser" le recours à une chirurgie guidée par l'image en temps réel, a expliqué Emmanuel Cordonnier, directeur e-santé de l'institut.

Le projet est né de la rencontre entre les équipes de l'IRT b<>com et celles de l'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (Ircad) et de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg.

L'IHU et l'Ircad travaillent depuis plusieurs années au développement de la chirurgie guidée par l'image, consistant à récupérer des données d'imagerie pour les superposer, en réalité augmentée, sur le corps du patient et donc guider plus précisément le geste opératoire.

En parallèle à cette transformation de la chirurgie, la vidéo évolue aussi avec la possibilité de faire transiter les images par le réseau IP (Internet protocol).

"Jusqu'ici, la vidéo dans les blocs opératoires transitait 'de point à point', de la caméra vers le moniteur en passant par un câblage spécifique à chaque équipement", a expliqué Emmanuel Cordonnier.

"Le passage au tout IP, qui se profile déjà dans les studios de télévision par exemple, permet de passer en mode réseau en connectant tous les équipements au réseau Ethernet", a-t-il ajouté, pointant les bénéfices d'un tel dispositif qui fait appel à moins d'infrastructures et présente un "coût divisé par deux" par rapport aux systèmes traditionnels. Mais il nécessite un protocole pour récupérer et synchroniser les données d'imagerie.

La création d'un standard mondial de la vidéo chirurgicale doit permettre de mélanger différentes sources d'imageries prises en temps réel (endoscopes, fluoroscopie, radiologie, imagerie par résonance magnétique, etc.) ainsi que les informations associées propres au patient pour les transposer en réalité augmentée sur le corps de la personne opérée.

"Aujourd'hui quand on fait de la réalité augmentée en chirurgie, on prend une image prise en temps réel, issue en général de l'endoscopie, et on lui superpose des images 3D créées à partir d'un IRM de l'organe en question. On mélange une image en temps réel et une image synthétique créée à partir d'une donnée figée", a détaillé Emmanuel Cordonnier.

"Avec un standard vidéo commun à tous les équipements, on pourrait mélanger en temps réel deux images mouvantes, par exemple une image de l'endoscopie et une autre venant d'une fibroscopie", a-t-il poursuivi. L'intérêt étant de limiter le risque d'erreurs chirurgicales "en aidant le chirurgien à bien suivre la cible et à éviter les zones à risques".

Le manque de standard vidéo est pour Emmanuel Cordonnier un frein au développement de la chirurgie hybride. "Un peu comme les PACS [Picture Archiving Communication System] se sont développés grâce au standard d'imagerie DICOM, un standard vidéo permettrait de démocratiser la chirurgie guidée par l'image", a-t-il illustré.

C'est d'ailleurs au sein du comité international du standard DICOM que l'IRT b<>com a proposé de travailler à la création de ce standard, pour laquelle 5 employés de l'institut sont mobilisés à plein temps.

"Nous avons 18 mois pour élaborer ce standard avec les Japonais, Américains, Allemands, etc., en travaillant à la fois avec les utilisateurs et les constructeurs", a-t-il souligné.

Le projet d'un montant de 4 millions d'euros, est financé à 50% par le programme d'investissements d'avenir (PIA), le reste étant issu de financements privés.

Vers une "tour de contrôle" de la chirurgie

Le standard vidéo doit servir à la réalisation du projet CONDOR (Connected Optimized Network and Data in Operating Rooms), porté par l'Ircad et l'Institut de chirurgie guidée par l'image de Strasbourg, en lien avec l'IRT b<>com.

Bénéficiaire d'un financement de 3,1 millions d'euros dans le cadre des "grands défis du numérique" du PIA, sur un budget total de 7,6 millions d'euros, l'objectif est de concevoir une "tour de contrôle" de la chirurgie qui centralise et exploite les flux d'imagerie et enregistre les paramètres du geste chirurgical.

Les usages pourraient être nombreux, comme la formation du chirurgien qui peut revoir a posteriori le déroulé de l'opération, ou même, à plus long terme, l'alerte en temps réel du praticien lorsqu'il risque une erreur.

Le projet associe également des laboratoires publics comme l'Inserm et le laboratoire des sciences de l'ingénieur, de l'informatique et de l'imagerie (ICube) de l'université de Strasbourg, et des partenaires industriels (Thomson Video Networks, Medtronic, Harmonic).

L'objectif est de pouvoir équiper les plateaux de l'IHU de chirurgie guidée par l'image des premiers prototypes de CONDOR d'ici trois ans.

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Rédigé par: 'profil supprimle 23/08/2017 à 7:37
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Bonjour,
Je me félicite de cette volonté d'interopérabilité des images médicales pour un standard international. Cependant permettez-moi de faire état de quelques réflexions sur le concept de chirurgie assistée par l'image.
En effet, l'activité chirurgicale ainsi que l'activité de radiologie interventionnelle évoluent dans le bon sens pour le patient de même que pour les acteurs médicaux mais, l'évolution de la technico-dépendance de ces activités appelle à quelques questions en matière d'environnement technique.
Aujourd'hui on parle de certification en matière d'hébergement des données de santé. Les établissements vont devoir qualifier leurs environnements techniques de type "data center" afin de répondre à un certain nombre d'exigences en matière de sécurité. Compte tenu des enjeux, les informaticiens ont dore et déjà des règles sur lesquelles ils pourront s'appuyer avec les modèles de certification que sont les tiers de 1 à 4 qui définissent des taux de disponibilité de 99,67% à 99,994% des données.
Il n'existe aucune démarche de ce type en matière d'environnement opératoire et la complexité technique croissante n'est pas appréhendée en matière de continuité de service. La salle d'opération de demain, souvent hybride et polyvalente n'aura rien à voir avec la salle d'opération d'hier. Il est nécessaire d'engager une réflexion avec tous les acteurs concernés afin de modéliser les environnements sans doute en fonction de la dépendance technique des actes pratiqués en fonction du fait qu'ils puissent être suspendus ou pas.
Je travaille avec l'AFNOR pour traiter l'évolution de la norme NFC 15-211 (installations électriques des locaux à usage médical) qui porte surtout sur la vision de l'électricien en matière de protection des personnes. Depuis l'édition de 2006, nous avons essayé de classer les activités médicales en fonction des risques de coupure électrique mais je dois dire qu'aujourd'hui cette approche montre ses limites vis-à-vis de l'évolution constante des pratiques médicales et de leur technico-dépendance. Nous ne pourrons continuer à travailler seul sur ce sujet, la compétence est collective.
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