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Violence en psychiatrie: le CH Ravenel reconnu pour ses formations

Pour lutter contre la violence à l'hôpital, se former est le meilleur moyen de faire face.
Pour lutter contre la violence à l'hôpital, se former est le meilleur moyen de faire face.

PARIS, 16 octobre (Direct Hôpital) – Le CH Ravenel (Mirecourt, Vosges) spécialisé en psychiatrie, s’est lancé depuis plusieurs années dans une démarche pérenne de prévention de la violence, récompensée en 2012 par un prix MNH (Mutuelle Nationale des Hospitaliers), dans le cadre d’Hôpital Expo. Un groupe de travail constitué de membres du CHSCT a été mis en place pour trouver des moyens de faire face, tout en gardant le lien thérapeutique, explique Nathalie Bernard, cadre administratif et responsable formation.

A la suite du double meurtre survenu à l’hôpital psychiatrique de Pau, en décembre 2004, le  CH a procédé à l’installation de téléphones sans fil numériques améliorés, assurant la sécurité des personnels isolés, leur permettant d’appeler du renfort auprès d’une équipe de sécurité composée d’une dizaine d’agents, rapporte la responsable. En 2005, les unités de soins ont été modélisées avec l’installation de systèmes d’ouverture par badges magnétiques, d’une vidéosurveillance centralisée dans chaque bureau et de boîtes à clés sécurisées (ouverture également assurée par les mêmes badges).

Entre 2005 et 2006, poursuit Nathalie Bernard, ont été créés une dizaine de postes d’assistants sécurité de nuit, des hommes uniquement pour pallier le manque de personnel masculin en psychiatrie. Un parcours de formation a été mis en place, avec dans un premier temps, "une conférence de sensibilisation du personnel sur la thématique de la violence en établissement, suivie d’une formation théorique destinée à repérer des situations à risque et à acquérir des outils de médiation", précise la responsable.

Une troisième étape a consisté en "une formation pratique en recrutant en interne une dizaine d’infirmiers, hommes et femmes ayant une expérience en psychiatrie, capables de former ensuite leurs pairs (environ 800 soignants), à la méthode Grouille-Smolis".

Cette méthode, explique Nathalie Bernard, a été mise au point par un médecin urgentiste et un cadre de santé. La formation se décompose en 5 jours de formation pratique et 3 jours de formation pédagogique pour les formateurs.

"Pour chaque groupe de formation, nous réalisons une évaluation à chaud, puis 6 mois plus tard nous soumettons aux participants un questionnaire afin de recueillir leur ressenti". L’objectif est de "renforcer la cohésion des équipes en situation de crise, en apprenant les gestes adaptés face à un patient violent, tout en gardant le lien thérapeutique durant une intervention".

"Nous proposons, par ailleurs, cette formation aux autres établissements du département (en particulier pour les services d’urgences et les unités Alzheimer au sein des Ehpad), en permettant à leurs agents, [autant que possible], de s’intégrer à nos groupes afin de favoriser l’échange d’expériences". Les formateurs peuvent aussi se déplacer dans des établissements de soins trop éloignés pour l’apprentissage de la  méthode Grouille-Smolis, précise-t-elle.

"Le prix MNH 2012 a permis d’offrir une reconnaissance extérieure à nos formateurs, en leur apportant une motivation supplémentaire » car « former demande un investissement important et soutenu", commente Nathalie Bernard.

Dans le cadre de cette formation, le CH Ravenel s’est doté d’un bouclier souple de protection à l’épreuve d’armes blanches, pour faire face à des patients très violents, et doit en acquérir prochainement un second pour l’équipe de sécurité./ar

La méthode Grouille-Smolis

Dûment déposée, la méthode élaborée par le docteur Grouille et par François Smolis, un cadre infirmier en psychiatrie et professeur de karaté, insiste sur le fait que les techniques physiques ne doivent être utilisées qu'en dernier recours. C'est pourquoi, une partie de la formation dispensée aux personnels dans le cadre de la formation continue est d'abord consacrée au désamorçage des situations conflictuelles. "Le dialogue est toujours à privilégier", précise le docteur Grouille. Il s'appuie sur des notions indispensables de psychologie, de communication, de contrôle du stress et de sa propre agressivité. "Mais le dialogue peut échouer. Lorsque la personne ne peut être raisonnée et devient un danger pour elle-même et pour les autres, sa neutralisation doit se faire très prudemment, grâce à une gestuelle spécifique : la partie autodéfense est évidemment présente dans cette formation, mais elle fait appel à des gestes simples, peu nombreux et polyvalents, applicables par tous et dont les ripostes sont extrêmement mesurées et donc adaptées au contexte spécifique de l'hôpital".

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